Jérôme Lindon, Echenoz

Comme je n’avais eu que très peu mon compte avec 14, je me suis dit que j’allais en reprendre une petite dose d’Echenoz, ma lecture TGV m’ayant fait arriver à la gare avant même d’avoir pris le train. Donc, une petite relecture, mais seulement d’un petit, parce que déjà que je n’avance pas avec ma Jeannette qui ne peut être heureuse parce qu’elle n’est pas normale, si je recommence avec Echenoz, elle va rester sur le quai, la pauvre.

Donc « Jérôme Lindon », un tout petit opus que j’avais lu il y a longtemps comme l’hommage d’un écrivain à son éditeur ( publié après la mort du mythique fondateur des éditions de minuit), ce qu’il est, mais à la relecture, je me suis rendue compte que c’était aussi le portrait en creux de l’écrivain lui même. Un écrivain qui évidemment ne réèlee rien d’intime sur le microcosme éditorial parisien et ses écrivains porno strar ( Oui, je sais, je fais une fixette sur Angot, mais je vais arrêter, parce qu’elle a quand même fini par se tasser sur la scène du théâtre médiatique de la rentrée littéraire et que donc, ce n’est plus la peine de se faire du mal)

Le texte se réduit à un minimum, lui et lui et quelques rencontres, seule l’écriture recrée une intime connivence, une admiration peut-être réciproque mais non-dite, dans les interlignes. des années pendant lesquelles ces deux vont se parler, se téléphoner, déjeuner, marcher ensemble avec des blancs discrets que l’on devine essentiels à l’écrivain qui a perdu son éditeur. Depuis la première rencontre, le premier manuscrit accepté dans l’étonnement d’un Echenoz de voir son futur livre publié avec la blanche couverture et l’étoile bleue de « Minuit ». Lindon, lui refuse le deuxième, le rabroue, il est trop lent, il ne fait plus partie des éditions ( Diantre, cela vaudrait-il dire qu’Echenoz aurait des oeuvres cachées dans ses tiroirs …)C’est presque l’histoire d’un pas de deux, entre un mentor qui n’en est pas vraiment un et un écrivain qui est un train de devenir un auteur reconnu. Parce que Lindon refuse aussi qu’il publie ailleurs que chez lui, lui déconseille plus qu’il ne conseille, tente de lui faire changer certains titres, même son prénom, le ouspille comme un gamin lorsqu’il porte des jeans troués aux genoux. Et pourtant une relation rare est évoquée, d’égalité malgré tout entre le mythique éditeur du Nouveau Roman et un écrivain tendu, mais sûr de lui. Persuadé qu’Echenoz descendant de Robbe-Grillet, alors que non, merci, vous pouvez passer le plat au voisin. Et aussi ce savoureux malentendu avec Beckett … Bon évidemment, une savoureuse rencontre avec Beckett qui prend dix lignes de récit, n’est pas forcément vendeur …

Un texte peut-être anecdotique du point de vue « littéraire », mais d’une rare discrétion de déclaration d’amitié. Pour les fans, les curieux, au détour d’une plume.

Moi, du coup, je me relirai bien « Des éclairs » et « Ravel », voire « Je m’en vais », mais il y a Jeannette qui m’attend.

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