Olympe de Gouges, Catel et Bocquet

Et hop ! du XVIIème, je passe au XVIIIème siècle, même pas peur d’enjamber les siècles. Le XVIIIème, j’aime bien aussi, enfin, surtout le début parce qu’après, l’Histoire saigne et le romanesque rigole de moins en moins. Evidemment, c’est un temps que j’ai tendance à voir à travers le prisme réducteur, j’en suis consciente, d’un de mes films culte, l’évident « Que la fête commence » de Tavernier. Si bien qu’entre l’éternel débat entre le licencieux Voltaire et le (soit-disant) vertueux Rousseau, je penche quand même du côté du voluptueux plutôt que de celui du paranoïaque. 

Olympe, elle est un peu comme moi, (je veux dire qu’elle penche aussi, bien sûr), mais plutôt du côté Rousseau pour la « morale naturelle » et quand même du côté Voltaire pour la plume trempée dans l’injustice. ( Sauf que, sans crime de lèse Olympe aucun, je suis allée me lire quelques extraits de son théâtre et bon, l’ennui guette rapidement, c’est bien daté , peut-être autant que les tragédies voltairiennes, ce pourquoi on ne les lit pas, généralement)

Pour en arriver à l’ouvrage sur Olympe, c’est donc une bande dessinée biographique, rudement bien documentée, rudement bien rendant un certain air, accessible à nous, de l’air de ce temps-là. L’histoire suit le parcours atypique de la belle bâtarde semi-aristocratique, nourrie à la sève bucolique dans la petite ville de Montauban, vu que son papa non déclaré était un résistant à la pensée voltairienne et donc plutôt côté Bernardin de saint Pierre (mon dieu !). Pour raison raisonnable familiale et sociale, elle va être mariée au sieur Aubry, charcutier de son état qui rêve de grandeur, installer boutique à Toulouse. Elle, nourrit de Belles Lettres plutôt que de boudin blanc, se ronge le sang à demi bleu. Fort commodement, le mari meurt. La Belle peut alors, contre tout avis raisonnable, se faire maîtresse assumée d’un riche fonctionnaire ( elle lui refusera le mariage, et là fallait avoir des . ouilles) et femme de théâtre, enfin, autant que faire se peut … 

L’histoire est passionnante, le dessin agréable ( sauf que des fois, les traits se ressemblant quelque peu je me suis mélangé les pinceaux entre ses messieurs, le Cubières, le Mercier, le Valette …). C’est une judicieuse chronique, peu romancée, si peu d’ailleurs me semble-t-il que dans la dernière partie, après la Révolution, j’ai un peu perdu le fil de la Belle, le récit se calquant trop pour moi sur un compte rendu des faits historiques, quasi en temps réel. Or, je n’avais aucune envie de revoir mon cours sur les Girondins et les Montagnards, Philippe Egalité, la Terreur. C’est un peu scolaire, mais sans être didactique, ce qui fait que j’ai pu sécher mes révisions et voguer à mon gré entre mes réminiscences et un intérêt réel pour la destinée de la Belle Olympe, l’incomprise.

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