Cité de la poussière rouge, Qui Xianlong

Dans la cité de la poussière rouge, l’histoire, la grande et tragique histoire de la Chine d’après la révolution communiste se coule en de petites historiettes de ses habitants minuscules. C’est une cité de petites gens ordinaires, dans le grand Shangaï, des petites gens qui habitent dans des petites maisons, découpées comme du tofu en tranche. De la cité, les petites gens ne partent pas, ou alors, pour aller en prison, au début, puis devenir riches, à la fin, on revient quand on été libéré, ou que l’on est, justement, devenus riche. Mais la plupart restent là, dans leur petit monde avec le grand qui tourne autour.

Dans ce petit monde, les habitants vivent dehors, sur le pas de leur porte, dans les allées, dont une où se tiennent les conversations du soir, un chapitre, une histoire. Le côté amusant du livre vient du fait que chaque chapitre commence par « le dernier bulletin (en date) d’information de la cité de la poussière rouge », c’est à-dire en fait d’un récapitulatif des annonces et volontés, projet et relectures des faits, de la droite ligne du parti communiste. On y lit une Chine indomptable, pure et glorieuse, qui va de l’avant, du grand bond à la révolution culturelle. Tout y est parfaitement maitrisé, les usines produisent de la révolution, l’ouvrier est maître et Mao est le bienfaiteur. Suit alors une historiette d’un habitant de la Cité de la poussière rouge. Evidemment, cette juxtaposition décalée fait sourire, plus d’une fois, car si elles ne sont pas vraiment drôles, les histoires, elles ne sont pas non plus tragiques, enfin, pas racontées comme tragiques. Elles ne font pas de grand bond, elles, elles se casent où elles peuvent couler : l’intellectuel libéré qui retrouvent ses livres où ils ne devraient pas vraiment être, la jeune combattante déclarée morte et qui finalement avait survécu, le poéte ouvrier qui connut la gloire et prit femme grâce à une métaphore de tofu …

Gens de peu qui se glissent dans des espoirs à la mesure de leur quotidien, trouver un logement, garder son grillon de combat en bonne santé, gagner un combat d’échec, vivre pour manger, trouver un emploi à sa mesure. De petits bouts qui retracent un bout de quotidien de la Révolution culturelle à l’ouverture au capitalisme et aux inquiétudes nouvelles des salons de karaoké. Les costumes Mao finissent par se friper et les « bols en fer » (les ouvriers qui avaient l’assurance de couler des vieux jours à l’abri grâce à leur statut protégé de vainqueur de la révolution) se retrouvent sur le carreau.
Une lecture agréable, comme une promenade à la Charlot dans des allées bruissantes de vie.

Merci Jérôme !!!!

PS : personnel à Jérôme, fine limière, je n’ai pas noté de page cornée, pas gratté de grains de sable entre les pages, pas décollé de pages collées par de la confiture, la pliure à la tranche est très légèrement marquée. J’en conclus que : tu ne lis pas à la plage, tu utilises un marque page, tu ne lis pas en mangeant ton goûter, tu ne retourne pas complétement ton livre sur le bras du fauteuil quand tu le poses rageusement pour aller chercher tes lunettes que le chat a planqué ailleurs (ou alors tu n’as pas de chat ?). J’ai bon ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :