Dora, Minaverry

Une note sur un blog souvent fréquenté peut être piègeuse … A bonne blogueuse saluts entendus … Je trouve chez Keisha deux présentations de « romans graphiques » qui m’allèchent les babines.  Je note sur mon carnet à pièges et je me rue vers la bibliothèque de mon quartier. Pauvre de moi … Rien dans les présentoirs. Et pourtant, j’avais durement négocié deux places sur la carte de mon fils, vu que je n’en ai pas. Fin du premier round, mais l’envie me taraudait et quand l’envie nous tient …

Deuxième ruée de saison, la tournée des cadeaux de Noël. La mienne passe forcément par une librairie, tiens donc, spécialisée en B.D, tiens donc, les deux titres y sont, tiens donc, pour une fois que j’avais mon carnet sur moi, alors que j’étais partie faire des achats pour les nombreux autres, donc pas d’achats hors de la sacro sainte liste de Noël, non, non, Athalie, sors de ce corps … C’est alors que, mais oui, « l’héritage », ce serait bien pour mon neveu amateur de Sacco ( comment cela, cela n’a rien à voir, Sacco, c’est en couleur aussi des fois … et il parle des Palestiens non ?). Donc, « L’héritage » dans la besace. Mais « Dora » ? à qui caser « Dora », parce les romans graphiques en noir et blanc sur la chasse aux nazis par une fille de déporté, chez moi, on va commencer à trouver que je fais dans le lourd. Dans le doute, je ne demande pas de paquet cadeau.

De retour dans mon canapé, les pieds au sec et l’esprit aussi vidé que ma carte bleue, je fais le point. Pas le choix ( ben non, hein …), »Dora » sera pour moi. Et comme là, je n’ai plus rien à lire ( comment ça « Le dernier arbre » de Tim Gautreau était à côté du canapé ? Je ne l’avais pas vu …) et que ce n’est pas la peine d’attendre Noël puisque des cadeaux, je m’en suis fait d’autres, je me cale en me disant que cette petite supercherie avec mes scrupules financiers ne va servir qu’à me boucher une demi heure de dent creuse de lecture.

Que nenni ! Y’ a pas que la note qui est piègeuse. Il m’a fallu une heure et demi et pas mal de neurones à secouer hors des flocons de Noël pour arriver au bout de cette superbe tentation. (les pieds, ça allait, ils se réchauffaient sous le plaid).

D’abord le dessin, je ne suis jamais restée regarder les dessins d’une B.D. aussi longtemps, un par un, je regardais tout. Le pire, c’est qu’il y a peu de détails, alors, je ne sais pas trop ce que je regardais. Le tout, l’ensemble, le noir et et blanc, ben oui, ça fait drôle de rester regarder des dessins en boir aussi longtemps et avec si peu de textes à lire et de détails à regarder … Des fois, il n’y a pas un mot dans la vignette, juste une bouche et un rouge à lèvre et on comprend la séduction, des fois juste un gros plan sur le joli minois de Dora, et on comprend la solitude, parfois juste un plan large sur un immeuble à Berlin et on comprend la boite, le Berlin juste après la guerre, une affiche de film suffit. Même le grain du papier, je l’ai trouvé beau.

L’histoire est complexe et mêle des fils historiques qui demandent une bonne assise dans un bon canapé. L’auteur n’y va pas avec le dos du pinceau (comment ça une B.D ne se fait pas aux pinceaux ? ben celle là, on dirait que si, et avec les pinceaux de l’histoire, en plus). Au début, Dora à 16 ans, elle vit avec une amie, Lotte, à Berlin. On est en 1956. Des ombres planent encore des années noires d’autant plus que les deux jeunes filles travaillent aux archives, elles y classent les documents que la RDA détient sur les nazis. Dora y commence ses archives personnelles en croisant le nom de son père sur une liste de déportés, celui de son patron du côté des bourreaux. La dézanification est loin d’être rigoureuse et bien des sympathisants sont encore dans les murs. Pour un Eichman retrouvé, combien se terrent encore … Dora photographie. Lotte vit sa drôle de vie d’amoureuse. La deuxième partie de l’itinéraire de Dora se vit à Paris. Le FLN, l’OAS, la banlieue rouge et un mystérieux commanditaire à moustache qui va la lancer dans la troisième partie, en Argentine péroniste, sur les traces improbables de Menguele.

Dit comme cela, on pourrait croire qu’il se passe plein de choses, mais en fait pas vraiment, ce sont des actions immobiles (je tente le concept …), figées, cette recherche, des petits riens mis bout à bout, et encore. On suit la jolie bouille de Dora qui grandit, toujours un peu seule, dans cette espace autour d’elle que lui donne son trop grand passé.

En plus, il y a une suite, mais, il me faudrait un autre neveu …

PS : à l’heure qu’il est, je n’ai pas encore été ouvrir le paquet de mon neveu avec « L’héritage » dedans. J’ai un peu peur que mes enfants me voient. En plus après, il faudrait que je refasse le paquet … A moins que … Je lui refile « Dora » à la place ????

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