La grâce des brigands, Véronique Ovaldé

Mais à quoi tient le goût de ce livre ? Un truc salé sucré, un goût acidulé de citron au vinaigre avec un zeste de Joël Dicker et d’autres amuse bouches de littérature de fille qui rêverait de voir sa jupe voler mais qui va se la prendre en pleine figure après un très bref envol.

Maria Christine Väätonen est l’héroïne que a ce goût de mélangé. Rien que le nom qui ne va pas avec le prénom. Elle est née d’un doublé exotique, un croisement entre le père (le nom), silencieux, analphabète et imprimeur … la mère (le prénom), folle de religion et de principes hygiénistes et castrateurs. Mais cela on le saura après.

D’abord, on la découvre, auteure à succès encore jeune et belle mais si seule après un grand amour raté d’avec un grand écrivain raté, à Santa Monica. Il y fait chaud et plutôt bon vivre. C’est là que Maria Christina reçoit un appel de sa mère, après plus de dix ans d’un silence vengeur. Rien de moins qu’une demande urgente : sa soeur a un enfant et il faut qu’elle vienne le chercher, là maintenant tout de suite.

Retour donc vers les origines, à Laperouse, dans la maison rose-cul où personne ne parlait vraiment ; personne ne rentrait, personne ne s’aimait. A Laperouse, il n’y avait rien que la brume, le froid, que des obstacles, la mère en tête, rien de possible pour une fille qui veut écrire, rien que des péchés, selon la mère qui voit les péchés, comme les noirs, le chinois et les microbes pulluler grave. Maria Christina ne rêvait que d’en partir, ce qu’elle a fait, avec des déchirures quand même. C’est pour cela qu’elle ne meurt pas d’envie d’y retourner. C’est le moins que l’on puisse dire.

Elle pourrait se dire libérée. Libérée ? Elle l’a tenté depuis dix ans, y est presque arrivée. Elle est devenue ce qu’elle voulait être, une auteure à succès avec son roman autobiographique « La mauvaise soeur », en partie grâce-à-cause d’un mentor à double face, Claramont, dont le nom sonne comme Paramount, l’écrivain qu’elle admire et qui l’a embauchée comme bonne à tout faire, même un roman. Amoureuse du clinquant du talent, elle s’est donnée à lui, la jeunette, avant de s’en retourner vivre auprès de sa copine Jeanne, hippie de charmes plus aguerris (elle accouche seule d’un enfant sans père et revient à l’appartement avec des lunettes roses en forme de coeur sur le nez, j’adore …).

C’est plein de trucs sordides et pas drôles du tout, voire de violences quelque peu inutiles … et pourtant, une allégria du style truffé de clins d’oeil littéraires et d’attendus amusés de clichés de la maison bleue sur la colline m’a emporté dans les rêves de Maria. Presque primesautier, comme une ballade de Jimmy par Souchon, un Billy qui aurait fini par trouver son rêve d’infirmière avant de tomber dans la mer, tomber par terre …

Philisine y a vu d’autres voix que la sienne.

Un petit régal, en passant.

Des vies d’oiseaux

La salle de bain du Titanic

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