Kaboul disco tome 1, Nicolas Wild

Dont le sous titre est : « Comment je ne me suis pas fait kidnapper en Afghanistan »

Nicolas est un dessinateur de BD en perte de vitesse. Une petite annonce et une situation personnelle flageolante le poussent dans un avion à destination de Kaboul, embauché par une société de communication, la « Zendagui média et cie ». Une étape prolongée en Azerbaïdjan , lui vaudra avant même toute intégration, une image collante de looser, qu’il cultivera, plus ou moins d’ailleurs, involontairement.

A Kaboul, il découvre le projet qui lui vaut son contrat. Il doit réaliser les dessins pour une bande dessinée qui explique la nouvelle constitution afghane aux enfants. Il y a d’ailleurs quelques exemples du projet fini à la fin de la B.D, et c’est assez amusant de voir le décalage entre la naïveté voulue de la commande et le cynisme que montre Nicolas. Pas le sien mais celui du milieu dans lequel il doit graviter, celui des expats de la com ‘. Frime, bringues, cynisme à tous les étages de la Guest House où ce petit monde se confine. Ils sont payés pour pondre des projets culturels tous azimuts et qui semblent peu en phase avec la réalité politique du pays, dont ils n’ont guère cure. Le principal souci est de trouver de la bière et des contrats. C’est leur patron qui donne le la. Le boss, le sexy monsieur Spidault a une arrogante mèche blonde, le portable collé à l’oreille, ildébite sa success story devant la glace : «  Comment j’ai réussi les plus beaux coups en Afghanistan »…. Autre souci de taille : que le restaurant, « La joie de vivre » continue à servir du civet de biche aux airelles … C’est dire la portée culturelle et humanitaire de ces gens-là ….

Nicolas est flanqué pour réaliser son projet de Tristan, le triste sire de la bande, vu que lui, il bosse. Vraiment. Du coup, il passe pour le rabat-joie, le missionnaire fanatique. Nicolas, lui, navigue entre ces deux extrêmes, il prend un peu de civet aux airelles, mais du bout des doigts, il tente des sorties vers l’autochtone, et même si il y roule mal sa bosse, il reste le sympathique éléphanteau qui tente de ne pas casser trop de porcelaine et de marcher droit, voire de continuer à se regarder dans la glace sans trop de honte.

Le tableau est cynique, l’humanitaire de la com’, c’est tout pourri et compagnie, et la réalité du pays, elle est encore plus pourrie. Et quand cette réalité rattrape le cynisme et bien, les expats, ils font moins les malins du portable …

Ce roman graphique a quand même un défaut majeur … Je l’ai lu après « Chroniques de Jérusalem » et « Chroniques birmanes » et comme le principe est un peu le même (un dessinateur de BD qui raconte son quotidien dans un pays tout pourri), forcément, il y a comparaison, et même si j’ai bien aimé « Kaboul disco », j’ai quand même une préférence pour les dessins de Delisle, plus poétiques, si dépouillés qu’il n’en reste presque rien, que l’humour de l’infra ordinaire.

N’empêche que je lirai la suite des aventures de Nicolas « Comment je ne suis pas devenu opiomane en Afghanistan ».

 

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