Banquises, Valentine Goby

Lisa est la narratrice par intermittences de son histoire et de celle de sa sœur, Sarah qui, il y a 27 ans, est partie pour le Groenland, sans trop de raisons, et n’en est jamais revenue, sans aucune raison. Elle a disparu. Elle avait 22 ans et, mélomane avertie et passionnée, parcourait jusque là plutôt le monde des salles de concert. Elle en analysait les particularités acoustiques, les sons chauds et froids, cherchait les salles qui sonnaient juste. 27 ans après, c’est toujours le silence et le vide. Les parents sont restés dans le deuil et n’ont jamais déclaré officiellement Sarah morte. La mère surtout, se débat encore avec cette absence si pesante qu’elle a tout absorbé dans l’ombre de Sarah, même Lisa. Surtout Lisa, celle des deux qui était là, et pour sa mère, celle qui n’était plus présente.

La maladie du père force le deuil à enfin se clore. 27 ans après, Sarah est enfin morte. Et c’est alors que Lisa peut partir sur ses traces. Elle veut retrouver le même endroit, l’ombre faite sur une photo rescapée, une montagne, elle veut en retrouver l’angle de vue. Et c’est loin.

Le récit alterne les deux moments, la plongée dans la disparition, la recherche des traces de l’ombre. C’est dans le premier récit, celui qui revient sur le passé que j’ai trouvé les fulgurances : la mère qui attend, la lente attente, la bataille contre le souffle du répondeur, ces amis qui appellent sans laisser de message, comment savoir si ce n’est pas elle ? ne plus sortir, ne plus vivre pour attendre celle qui n’est plus, ne plus pouvoir redresser une dernière fois l’écharpe qui pendouille au cou de sa fille. Le père lui, petit à petit va s’autoriser quelques moments de joies, furtives, et Lisa, qui va fuir Sarah pour pouvoir exister.

C’est dans sa quête de l’ombre que je n’ai pas suivi Lisa. Au Groenland, elle a vu beaucoup trop de chiens pour moi. Elle a vu la banquise aussi, mais moins, d’abord parce qu’elle est en train de fondre et ensuite parce qu’il a plein de chiens dessus. Enfin, je trouve … Ils sont partout dans le village, ils aboient, mangent salement le poisson, se sont abattre quand ils ne sont plus nécessaires (la pêche n’est plus possible à cause de la neige qui fond, donc plus de traîneaux et plus de chien de traîneaux). Bêtement, je me suis focalisée sur les chiens : pourquoi en parler autant ? Y’a peut-être une symbolique qui m’a complètement échappée, j’avoue ( bon, je dois avouer encore, je ne suis pas forte en symbolique de chiens, à vrai dire, les chiens m’indiffèrent, mais ce n’est pas le propos, le propos est que Sarah en avait la phobie, donc pourquoi la photo avec des traces de chien…) Là aussi j’avoue, la question m’a laissée de marbre, bêtement toujours, j’ai laissé Lisa se débrouiller avec la réponse et suis partie voir ailleurs … J’ai quand même fini le bouquin, hein., histoire de voir …

Donc bien moins emballée que par Kinderzimmer de la même auteure.

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