Le miroir brisé, Jonathan Coe

Fifille a l’âge de croire à un monde qui serait meilleur, plus coloré, plus plein, plus rond, plus doux que ses propres rêves, et moi, ben, j’aimerais bien qu’elle y croit encore un peu. Ce livre est là pour cela. je soupçonne Coe d’avoir des fifilles, lui aussi.

L’histoire est belle, vous l’aurez compris, et ce n’est pas celle d’une princesse, mais celle de Claire, petite fille ordinaire d’un monde ordinaire, pas très beau et pas très coloré. Ses parents sont tristes et mornes, pas méchants, juste mornes, comme on peut être mornes quand on a une vie ordinaire avec un peu plus d’ennuis qu’on ne le voudrait. Elle habite une maison triste et morne, dans une ville triste et morne. Claire ne l’est pas, triste et morne, elle voit juste que c’est comme cela autour d’elle. Dans une décharge, elle découvre un morceau de miroir brisé, pas beau, terne, grisâtre, mais elle regarde malgré tout dedans. Y surgit alors le château de sable qu’elle a bâti avec une amie, le dernier jour des vacances sur la plage du pays de Galles où elles allaient se quitter. Mais le château de sable, c’est le même mais en mieux, en plus grand, en pierres, en vitraux, portes et fenêtres à ogives, balcon et ciel turquoise. Les coquillages y sont restés accrochés. Tout est transformé, ses parents sont le roi à fourchette-trident et la reine à bigoudis en couronne, les murs de sa chambre se recouvrent de dauphins et de sirènes et sa veille peluche lui cligne de l’œil comme un félin de compagnie, à poils doux et longs, mais où elle ne peut pas plonger les mains. La métamorphose s’arrête au miroir, la réalité reste triste et morne.

Claire grandit et le miroir ne perd pas son pouvoir pour autant, juste il s’adapte, les licornes imaginaires s’éteignent et laissent la place à un univers moins enfantin, au temps des boutons, des kilos en trop, des injustices et des parents qui ne s’aiment plus ….

Le miroir est-il une mémoire de ce qui aurait pu être ou une vision de ce qui pourrait être ? Ni vraiment l’un et ni vraiment l’autre, se voile, se rétrécit, des reflets d’un espoir pour petite fille qui voit des reflets de contes de fées dans notre monde d’en bas …

Les illustrations de Chira Coccorese sont juste dans le même ton, (je n’en déplore que la rareté), elles sont elles aussi entre deux mondes, entre dessins et photos, flouté et précision du rêve.

(J’ai mis ma préférée en illustration, elle a un air de Magasin Zinzin)

L’avis de Jérôme qui a commenté ce petit bijou en avant première

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