Des nœuds d’acier, Sandrine Collette

Un préambule parle de « l’affaire Théo Béranger » en précisant que ce que l’on va ensuite lire est le journal de Théo, écrit après « L’ affaire » qui aurait fait la une des journaux, une affaire suante d’horrible. Du coup, j’ai cru que c’était Théo, le tueur, faut dire qu’il en a l’air …

Il s‘annonce comme un gros, gros, gros méchant sans remords aucun et encore plein de hargne après 18 mois de prison. Il en sort sans repentir, 18 mois enfermé avec des gros, gros durs, bien pires que lui, qui lui ont cherché des noises, et surtout un qui l’a attaqué à coups de tronçonneuse. Ben oui, Théo faisait partie d’une équipe chargée d’entretenir des espaces verts (je passe ma dubitative moue face à la possibilité que l’administration carcérale confie des tronçonneuses à des condamnés pour leur réhabilitation, d’ailleurs, il le dit lui-même, que c’est une drôle d’idée, (passons, c’est un roman, pas un traité de formation des matons dans les prisons françaises …). Théo sort de l’enfer.

Il y a survécu, et il est bien décidé à ne rien lâcher. Sa première envie est d’aller rendre visite à sa victime qui s’avère être son propre frère qu’il a balancé par jalousie, par accident, et qui n’est plus qu’un légume bavant que Théo va lorgner et terroriser avec plaisir. Mais la vengeance tourne court et l’ex-taulard doit s’enfuir dans une cavale qui le mène à une fermette qui fait chambre d’hôte et une hôtesse à bigoudis et potager qui lui fait des grosses tartines pour ses casse croûtes de randonneur. Marcher pour tenter de retrouver un nouveau souffle. Soit. J’attends toujours le drame …. qui arrive sous la forme inattendue d’un pépé tout cassé et de son frère pas mieux, qui vont réussir à séquestrer le Théo dans leur cave pour en faire leur chien, leur esclave à tout faire dans la ferme, par ailleurs fort délabrée.

Le chien d’avant, Luc, est toujours enfermé dans la cave, dans un sale état faut dire, il a l’os du tibia qui lui sort du tibia.Huit ans qu’il est réduit à satisfaire les vieux pour survivre et il donne le mode d’emploi à Théo ; il faut obéir, travailler, sans espoir, plaire aux tortionnaires. Soit. Cela aurait pu être un huis clos fébrile et tendu, mais, voilà, je n’y ai pas cru. C’est bête cette rengaine prosaïque qui nuisait à mon adhésion : comment deux vieux pas en forme peuvent arriver à tenir en laisse un homme depuis huit ans sans que rien ne se voit, puis un autre, arrivé là dans la pleine force de l’âge ( sans compter la métamorphose de l’hôtesse en bigoudis en Messaline incestueuse …)? Bon, d’accord, Luc et Théo ont des chaines aux pieds et les vieux pointent un fusil … Mais c’est quoi le but ? d’enchaîner les sévices et les explications de l’impuissance ? A force répéter que la situation est incroyable, le récit pointe le mal du doigt, si même le narrateur peine à croire à la crédibilité de sa situation fictive, comment moi, pauvre lectrice, puis je y adhérer ?

Un nouveau genre annonce le quatrième de couverture, le « captivity thriller », pas convaincue par ce cauchemar  …

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