Travail soigné, Pierre Lemaitre

Je me suis dit : « Sors des lectures glauques Athalie, t’as eu ton compte. » Je me suis dit, « un bon polar, ça va faire la transition, faut sortir du glauque en douceur ». Mais, rien sous la main, sauf le deuxième tome de la trilogie de Lemaitre, « Alex ». Or, il se trouve que je n’aime pas commencer une trilogie par le milieu. (ce n’est pas comme les chaussons aux pommes). Puis, un déclic. Une de mes complices de lectures estivales a le sésame, le roman que je sens que je veux lire. Le dernier Peter May, le premier de sa seconde trilogie. Mon homme ayant zappé le bon nom, et me voilà avec le premier de la trilogie de Lemaitre. Là, je me dis, c’est un signe. ( de quoi? mystère  … ) 

Donc, je ne sais donc toujours pas si le dernier Peter May est glauque ou pas, mais « Travail soigné », je vous le dis, c’est du lourd.

Pierre Lemaître plante son commissaire et sa brigade. Tiens, je me suis encore dit (je me cause beaucoup en ce moment), il fait dans le genre Ed Mac Bain et Fred Vargas, la concurrence va être rude, me suis-je encore gaussée, faisant la difficile qui sait tout et qui a tout vu.

Camille Verhoeven est d’abord caractérisé à grands traits caractéristiques, vu que c’est le commissaire. Camille est donc petit, mais vraiment petit, petit, Camille a une faille d’enfance, une mère adorée, peintre et distante, une mère qui fumait trop et qui n’est plus là pour le regretter, elle lui a laissé comme un goût d’artiste. Mais Camille est aussi un meneur d’homme, d’une équipe d’hommes éclectiques à souhait ; Armand est le tatillon, radin à l’excès, mais qui ne lâche jamais sa proie d’un quart de poil, Maleval, le bien nommé est le vers dans le fruit, fêtard, amateur de jeux d’argent et de femmes, il est le gros bras maillon faible, et Louis est le décalé, l’esthète, le raffiné, le fidèle second au cœur tendre, droit et sensible, tout en intuitions délicates. Et pour finir, la femme de Camille, Irène, la belle Irène, son cadeau de sa vie à lui, rien qu’à lui, fidèle et enceinte jusqu’aux yeux de leur premier fruit de l’amour.

On rentre dans le livre en plein meurtre, du genre sanguinaire délirant : deux corps, deux femmes, une mise en scène élaborée et cinglée, aucun indice, aucun suspect. L’enquête commence, un peu dans tous les sens, normal, vu la scène de crime, puis le savoir-faire de l’auteur aidant, elle prend son rythme de croisière, ainsi que la série des meurtres suivants, dont on découvre qu’ils ont des précédents, et qu’ils auront aussi des suivants, si le commissaire et son équipe ne se torturent pas rapidement les méninges. Rien de bien nouveau dans l’horizon du polar, soit.

Mais l’auteur est un roublard qui connait son polar et petit à petit, chaque scène de crime se révèle avoir un double littéraire et du coup, je me suis prise au jeu, la charpente classique tient le rythme et j’ai fini par ne plus même faire trop attention aux redondances (ben oui, Camille est petit, vraiment petit, Camille rentre tard, trop tard, Louis est gentil, vraiment gentil …) pour foncer vers la fin, juste terrifiante. Du coup, je vais aller voir la suite, parce que j’aime bien quand les gyrophares sont en retard et que le commissaire reste planté dans son remords. Mais, bon, c’est glauque quand même …

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