L’attente de l’aube, William Boyd

Un peu engoncée dans mes dernières lectures, très féminines, dirais-je (même si je ne pense pas pas que les femmes écrivent des « truc mous » et les hommes des « trucs durs »), j’ai eu envie de me tourner vers une histoire plus « virile », un truc qui fleure bon l’aventure historique, avec des espions, des femmes fatales à double tranchant, des pistolets qui font « bang-bang » en ratant de peu le héros, un peu super héros mais pas trop, au cœur tendre, mais un héros « qui en a », quoi. Et dans la quatrième de couverture de ce titre, ben on m’annonçait tout cela.

Sauf que le point de départ, c’est justement que le héros a un gros problème avec son zizi, ce qui est un problème pour un super héros au cœur tendre qui devrait « en avoir ». En réalité, il n’est pas du tout super héros. Lysander Grief est un jeune acteur prometteur de la scène intellectuelle londonienne, il va épouser l’actrice et femme, qui lui convient, Blanche, la belle Blanche, la aussi prometteuse Blanche. Sauf que, comme il a ce problème au zizi qui le tourmente et qu’il se trouve qu’il se rend bien compte que la belle actrice est beaucoup débutante que lui sur le théâtre des sens, il craint que les scènes chaudes du mariage ne fassent un four, en somme …

Ce pourquoi, il a ramassé ses économies et son courage pour se soigner, dans cette Vienne fin de siècle, auprès d’un éminent psychiatre, en cette veille de première guerre mondiale, dont il se chaut comme de sa première capote, vu que …

Il attend donc son tour dans ce cabinet du docteur Bensimon, en en menant pas trop large quand même. Un client sort, une cliente rentre, et voilà le sort de notre héros tissé entre les liens d’une délicieuse artiste un peu décadente, mais d’une décadence  » so charming » … et le futur homme de l’ombre. Son anorgasmie diagnostiquée par le bon docteur ( elle s’avèrera d’ailleurs rapidement peu prononcée …), le séjour de Lystander nous offre une réjouissante promenade dans le tourbillon de la Vienne artistique et cocaïnée, on y croise même Freud (mais pas Klimt). C’est bien enlevé et chaud en couleur (N’oublions pas que notre héros est venu pour guérir, et aussi, un peu se cultiver, mais nous restons dans le bon aloi, n’en déplaise à Jérôme…)

L’écheveau de l’intrigue se noue là, et tout ce qui s’en suivra n’en seront que les fils. Ce qui fait que de l’intrigue, je ne peux rien dire, sinon qu’elle rebondit sans cesse autour des trois premiers pions (Lysander, la belle artiste et l’homme de l’ombre), pour ne pas déflorer le sel des chausse-trappes à frou-frou qui attrapent et manipule le finalement rusé et matois Lysander. ( se méfier des veuves de bon aloi quand même)

Malgré quelques ralentissements dans le rythme, un roman « romanesque » à souhait, et qui « en a » bien l’air.

Merci J.P., un de mes complices de lecture de cet été, chaud aussi mais moins fin de siècle …

 

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