Ouest, François Vallejo

Dans un monde immobile et rural, renfermé dans les bois et les petites routes qui mènent aux marais, de règles et de tradition de soumissions et d’ordres, que se passe-t-il si le maître ne veut plus jouer le jeu ancestral ? En fait, ne sait plus trop quel jeu jouer, sinon celui de sa folie, ce qui fait pas mal déraper l’autre du coup. Ces deux hommes vont se laisser conduire dans un étrange rapport de chat et de souris ….

Lambert, sa femme, Eugénie, sa fille, Magdeleine, sont les domestiques du nouveau baron de l’Aubépine de la Perrières, comme ils ont été les domestiques de son père. L’ancien maître est mort, qui ne tenait guère son fils en haute estime. D’ailleurs, le jeune maître, sur le domaine, on le connaît peu, il est parti à Paris, a connu un mariage dont on disait des choses. De la mort du père, on dit aussi des choses. Mais, ce qui est certain, est que le nouveau ne ressemble pas à l’ancien. Selon Lambert ( car toute l’histoire nous est racontée par lui), le vieux était respectable, lui, il s’intéressait à la meute des chiens, visitait les fermes, commandait, rudoyait, se cabrait devant toute nouveauté politique. Et voilà que le nouveau, ce qui l’intéresse chez Lambert, est que son père ait été un tueur de chouans, un ennemi de sa propre classe. Lambert, ça le dépasse qu’on lui parle de sa liberté et l’incite à la révolte. Napoléon, la Révolution, la chute de Charles X, Lambert s’en moque comme de son premier lapin de garenne braconné. Mais le maître, lui, il a sa caboche de maître toute chamboulée et il se met à mijoter des projets d’égalité sporadiques, intempestifs et radicaux,où semblent couler un autre sang que le sien.

Et, puis, il y a autre chose, la nuit, dans le château, semble planer une atmosphère de roman noir gothique, des femmes arrivent, des femmes repartent, pas vraiment dans le même état … Eugénie ne sait plus très bien où ne pas faire le ménage et où ne pas regarder ….

Plus que l’histoire d’un maître qui rêverait d’être esclave, et d’un esclave qui voudrait rester à sa place, ce qui est fort dans ce roman est le pari de ne pas en faire du social. Le récit est à la fois dense et classique, et rythmé comme un menuet à contre temps, car c’est Lambert qui monologue, soliloque, cherche à comprendre avec ses mots à lui , les événements qu’il voit bien partir à l’envers, et qu’il tente de remettre à l’endroit, mais son endroit à lui, ce qui fait que, finalement, tout va de travers, comme il se doit pour un roman qui va hors des chemins battus.

C’est chez Ingannnic que j’ai pioché cette très bonne idée de lecture.

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