Le général du roi, Daphné Du Maurier

Un roman de la grande Daphné qui a le goût chevaleresque très prononcé d’un amour d’amour impossible, mené au fil des épées de l’éternelle absence de l’aimé et de ses éternels retours, entre deux attentes de l’aimée, dans les brumes et les fracas des châteaux assiégés.

Mais la cause du pourquoi de l’impossible amour, pourtant partagé, entre l’aimé Richard et l’aimée Honor, je ne peux pas vous le dire, sûrement pas. Ce serait gâcher.

Donc, juste dire que nous sommes transportés en Angleterre au XVIIème siècle. La fronde des nobles de Cornouailles gronde contre la tyrannie financière du parlement de Londres. Eux soutiennent le roi, Charles 1er, pourtant bien falot, à mon très humble avis de roturière du XXIème siècle. Parmi ces fidèles, qui bientôt prendront les armes, se distingue tout particulièrement une famille, les Grenville, dont le panache est flambloyant. Le frère ainé est un modèle du genre, loyal, noble et juste. Par contre, le frère cadet, Richard, a le sang plus chaud que bleu, une réputation détestable de coureur de dots. Sans scrupules, il agit avec autant de cruauté que d’absence de remords, rempli d’orgueil, et de vanité méprisante. Sauf que en ces temps de guerre civile, il est aussi un stratège militaire hors pair, un meneur de troupes sans égal. Alors forcément … Il lui est beaucoup pardonné, et il est si beau … 

Lors d’un dîner de victoire, Richard va poser les yeux sur Honor et Honor va choisir Richard, sous les yeux effarés de sa propre famille, car si elle était la petite dernière, un peu gâtée par ses frères, un peu rebelle déjà, là, Honor va rompre avec une certaine bienséance et la petite trouver son maître et son amour. La première rencontre sera la définitive alliance de cette jeune fille de petite noblesse de sang, mais non de coeur, et de ce chevalier pour le moins atypique. Bouillants l’un de l’autre, consentants à leur perte sociale et unis à jamais.

Euh, pas de souci, hein, on n’est pas dans de l’eau de rose, même si j’ai bien conscience d’en aligner tous les clichés. Enfin, si, il y aussi de l’eau de rose mais portée à ébullition, une sorte de concentré. Les capes volent, les épées claquent et frôlent des jupons d’amazone intrépide et l’amour des deux tourtereaux insolents croise quelques obstacles, il faut bien le dire. Surtout quand la méchante soeur Grenville pointe son nez de rapace, séductrice et torve, genre Milady.

« Le général du roi » est un roman qui mène ses clichés à la baguette, tambour battant, sans complexe, et pioche aussi au passage dans le gothique des châteaux avec chambre secrète, porte qui grince, enfant caché, araignées comprises. Il se lit à la vitesse d’un cheval au galop.

Romanesquissisme .

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