Le fils, Philipp Meyer

Pour l’envergure du poids, je suis d’accord, pour l’ambition aussi, d’ailleurs, et si vous retournez quand même le bouquin, pour être sûre ( pas du poids, mais de la qualité du poids), il vous est annoncé « une exploration fascinante de la part d’ombre du rêve américain ». Moi, j’aime bien les parts d’ombre, sauf que là franchement, c’est beaucoup de poids pour une ombre, surtout une ombre de rêve.

D’abord, point de surprise, la part des ombres se divise en un roman choral (je sais pas ce qu’il y a avec les romans chorals (choraux?) en ce moment, mais je sens qu’une lassitude me guette). Et en plus, là, je n’en ai pas vu l’utilité. Le romancier aurait mis son histoire dans l’ordre que cela ne lui en aurait point nuit, me semble-t-il. Normalement, toujours me semble-t-il, le croisement des points de vue a pour but que les dits points de vue soient divergents, du moins, un temps soit peu, et que du coup, nous, le lecteur privilégié qui a les trois, se retrouve à découvrir des trucs que l’un ou l’autre n’aurait point vu ou dit. Sauf que là, les trois sont convergents et juste chronologiques.

On commence par le premier, le plus ancien. Le colonel Eli MacCullough, est le fondateur de la dynastie d’où sortiront les points de vue suivants. il retrace sa propre épopée (le vieux n’est pas modeste …). Fils de fermier, il a été enlevé par une tribu de Comanches. Pour survivre et quasiment devenir le meilleur d’entre eux, il a fait corps avec leurs valeurs et leurs coutumes. Est fort celui qui le plus de scalps. Et quand il sera rendu quasi de force à la vie blanche, épris de liberté et de revanche, il fera fortune en ayant le plus de vaches, le plus de terres pour les faire paître, et le moins de scrupules aussi. Je ne veux pas dire, mais c’est plutôt une rêve américain qui a réussi. J’ai pas vu l’ombre d’un doute chez l’ancêtre.

Le deuxième point de vue est celui de son fils, Peter, c’est celui dont Eli est le moins fier. Il n’a pas le goût de la gagne. par contre, il a celui des vaches, et celui des remords. Hanté par le meurtre de la famille Garcia, trucidée par la famille MacCullough, en une nuit de règlement de compte, il prend racine dans un nostalgique passé texan, celui, justement, que son père méprise.

Peter apparaît donc comme une figure intermédiaire, un moment de faiblesse, avant le troisième point de vue, celui de la dernière rejetonne d’une dynastie qui s’étiole, Jeannie. Quand on la découvre, elle est allongée, vieillissante, sur le tapis de la grande demeure familiale qui s’étiole aussi. Et il faudrait attendre un petit moment pour comprendre ce qu’elle fait là. (en général attendre, ne me chaut pas trop, mais, j’ai trouvé le temps un poil longuet …). Jeannie, fut à l’égal d’Eli, une self made woman qui a reconstruit l’héritage en multipliant les champs de pétrole au lieu de multiplier les vaches (je résume, hein …). Qui a pu lui faire mordre la poussière finale ? Le suspens est quasi languissant.

Donc, je résume toujours, le fils est indigne de son père, les texans avaient des vaches et ont eu beaucoup de pétrole. Être une femme chez les pétroliers, ce n’est pas qu’une seule paire de manche, et d’ailleurs la richesse ne fait pas le bonheur. C’est peu dur comme jugement, je le concède fort volontiers, mais j’avais pas ma part d’ombre, pas ma part de teinte crépusculaire, un peu trop de Dallas et de son univers impitoyable.

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