La soeur, Sandor Marai

Après avoir été éblouie par « Les braises« , et surtout, surtout, par  « L’héritage d’Esther« , puis un peu déçue par « L’étrangère« , je me suis dit, que, quand même, un petit opus du grand Marai, ça passerait tout seul. Sans compter qu’il m’attendait depuis des lustres sur mon étagère des pas encore lus, comme un petit sucre d’orge de la nostalgie perdue de la splendeur lente des temps qui qui ne sont plus que fantômes des sentiments à jamais éteints ( et encore … j’en passe …)

Que neni ! Je dois l’avouer, je l’ai lâchement abandonné à son sort « le pianiste hongrois hospitalisé à Florence d’un mal mystérieux » (dixit la quatrième de couverture), je l’ai laissé dans les mains de son médecin, même pas capable d’un peu de compassion pour « l’artiste impuissant », incapable du « don de soi » (toujours selon la quatrième). Don de soi, je ne sais pas, mais moi, je n’ai pas réussi à lui donner grand chose, en tout cas. Il m’a agacé le virtuose à se regarder le nombril, tellement alangui de son propre ennui qu’il me l’a refilé, l’ennui, le bougre ! 

En plus, il ne voit même pas Florence, vu qu’il tombe dès le premier soir sur la scène de son magistral premier concert, dont il ne raconte rien non plus, vu que le mal mystérieux lui rongeait déjà les neurones. Et moi, j’aime bien lire Florence ( voir l’éblouissant « Vue sur l’Arno« ) Et voilà, on m’en prive. Et à la place, on me colle dans une salle d’hôpital, face à face avec un médecin qui répète que le mal va être vaincu, que c’est long, mais qu’il n’y a pas de raison. Je suppose que le médecin est resté avec le virtuose jusqu’au bout mais, lui, il était obligé. 

Deuxième mensonge de la quatrième, après Florence, l’histoire de « la relation passionnelle entretenue avec une femme mariée ». La femme en question se limite à une initiale, Z. (on ne ricane pas, la dernière lettre de l’alphabet pour un amour impossible, le traducteur a dérapé ou quoi ?) n’avait toujours aucune existence romanesque  à la page 192 (sur 278). C’était pas la peine d’en faire un parc d’attraction, et je me suis dit que ce n’était pas en à peine cent pages, même écrites serrées, qu’elle allait surgir, telle Sissi revenue de ses cendres, pour lui secouer un peu la pulpe neuronale à l’artiste narcissique.

Voilà, faudrait pas faire prendre la nostalgie de mort à Venise pour un canard sauvage.

Et j’ai refermé le livre avant d’être contaminée de rejet définitif de Sandor Marai, je ne voudrais quand même pas en arriver à ce stade terminal. En fait, je me dit que c’est la faute à la quatrième …, et je retiens quand même le même auteur pour une lecture future. Peut-être bien « La conversation de Balzano », un Casanova à la sauce Marai, c’est quand même tentant … ou alors ce titre noté chez Sandrine, La nuit du bucher, qui a l’air un peu moins languissant.

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