Envoyée spéciale, Jean Echenoz

« Constante étant oisive, on va lui trouver de quoi s’occuper », annonce le quatrième de couverture. Constance, c’est l’envoyée spéciale qu’Echenoz fait kidnapper à Paris, captée par le regard d’un bel inconnu, et qu’il envoie dans la Creuse pour un traitement spécial en compagnie de deux gardes du corps peu efficaces, deux Laurel ou deux Hardy …

Fin fond de la Creuse où l’on apprend, d’ailleurs, que les éléphants ont un rapport particulier avec les attroupements de papillons en Corée du nord. La dite Corée du nord, où notre auteur, manipulateur en grande forme, envoie la dite Constance, consentante, cette fois, manipuler à son corps pas défendant, un play boy futur ex ministre, dans une dictature clinquante de jet set absurde  …

De l’intrigue, voilà tout ce que je peux dire … Parce qu’après tout, l’intrigue, il en fait ce qu’il veut, le marabout de ficelle échenozien, porté ici à un de ses plus haut degré d’excellence (on est dans l’Echenoz des « Grandes blondes » de « Lac » ou du « Au piano », c’est dire …). Un marabout ciselé, attention, un rubis cube indécricotable … Vous pensiez roman d’espionnage, oui, peut-être, mais vous enclenchez l’éolienne à l’envers, et vous voilà justement, à l’endroit, vous pariez sur une nouvelle facette  du  syndrome de Stockholm et il vous file entre les doigts comme un pétard mouillé. C’est en looping que vous atterrissez au Corée du nord, ayant récupéré au passage les deux Laurel, toujours parfaitement inutiles, ( mais, c’est comme les éléphants et les papillons de la Creuse, on ne sait jamais à quel moment le puzzle retrouvera sa pièce manquante, inutile et parfaitement nécessaire, par conséquent)

Rien ne ralentit la machine, ni les clins d’oeil, ni les vraies fausses digressions, ni les commentaires, mi ironiques, mi désabusés du narrateur omniscient qui s’en donne à cœur joie, le seul qui tienne les rênes. Les personnages, eux, n’en mènent pas large, malmenés par les tribulations dans lesquelles l’auteur les laisse se dépatouiller avant de les rattraper du coin du crayon, pour les sortir (ou pas), d’une zone interdite truffée d’oiseaux moqueurs …

Le lecteur, lui, jubile toujours.

Un lecture commune avec Philisine Cave et Bernhard

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2 commentaires sur “Envoyée spéciale, Jean Echenoz

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