Deux messieurs sur la plage, Michaël Köhlmeier

L’aristocrate et le clown se rencontrent pour la première fois au hasard d’une réception donnée par le gratin de la fine fleur Hollywood, ils s’en écartent et sur la plage californienne, entamèrent leur premier « talk-walk » dixit Chaplin, c’est-à-dire discussion dont le sujet est le suicide, enfin, sa tentation, lors des crises dépressives qu’ils connaissent tous les deux. Churchil rajoutant « duck » à « talk-walk », se désignant comme le gros dans ce couple de Laurel et Hardy mal assorti.

 

Ils se sont reconnus, atteints du même mal de vivre, proies régulières de ce trou dévastateur que l’homme politique surnommait le « chien noir ». Liés par cette laisse imprévisible, ils auraient, cette nuit là fait un pacte : chaque fois que l’un sombrera et qu’il appellera l’autre au secours, l’autre devra rappliquer.

Ce pacte secret les aurait finalement conduits à échanger trucs et astuces pour sortir de la crise, dont la plus évoquée serait de s’allonger nu sur une grande feuille de papier et de s’y parler et écrivant dans le sens de la rotation du corps sur la feuille (L’image de Churchill nu comme un nouveau né tournant sur son ventre, on frôle le génie créateur de Chaplin, franchement, une scène à tourner en ridicule le pire des politiques …)

Le pacte semble avoir été plus que secret et peu respecté, ce qui fait que ce livre raconte surtout des rendez-vous manqués. ( D’ailleurs le rendez-vous avec mon intérêt aussi, par la même occasion). Pour meubler entre les deux rencontres du pacte, l’auteur reconstitue quelques scènes biographiques de l’un et de l’autre.

Il évoque quelques épisodes connus de l’enfance de Churchill, enfant surdoué dont l’éducation fut tellement laissée à vau l’eau qu’il passa pour un imbécile borné dans le pensionnat chargé de le redresser. Quelques traits de la misère de celle de Chaplin sont esquissés. Mais, c’est surtout sur le créateur génial, au fait de sa carrière (Chaplin est en train de réaliser « Le dictateur ») que l’auteur construit quelques gros plans, quelques peu déjà lus aussi, même pour moi qui n’y connait rien, Chaplin sortant de Charlot, Chaplin autiste népotique, Chaplin qui ne croit pas au parlant … etc …

Le pacte avec le lecteur est quant à lui assez flou, et c’est véritablement ce qui m’a dérangée. Sur la couverture, il y a écrit roman, soit, mais quand on prend ses deux là comme sujet, le romanesque est quand même coincé dans l’historique. L’auteur se réfère sans cesse au témoignage de son propre père qui aurait eu connaissance du secret … (Pourquoi, on ne sait pas), puis à des interviews de Chaplin, qu’il dit être incomplètes ou mensongères, et enfin à des lettres, jamais retrouvées ou alors qui ne furent même pas expédiées par leur rédacteur.

Ce qui fait quand même assez faiblard comme preuves, et moi j’aime bien savoir si que je lis, c’est du vrai-faux ou pas. Sinon, ça me mélange et j’aime pas me mélanger. Rendez-vous manqué ….

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