L’authentique Pearline Portious, Kei Miller

Pearline Portious est une crieuse de vérité jamaïcaine échouée en Angleterre. Monsieur Gratte Payé écrit son histoire, à sa façon, qui ne plait pas toujours à la vieille femme. Parce que si monsieur Gratte Payé l’écoute, il transforme, arrange, à sa manière d’écrivain qui n’y connait rien à la Jamaïque, deux journées en une, deux lieux en un. Il veut que Pearline Portious retrouve son histoire perdue dans une mémoire que l’Angleterre a prise pour celle d’une simple folle. Seulement, monsieur Gratte Payé ne le lui a pas dit.

D’ailleurs, à commencer par son nom, depuis le temps qu’elle le dit, qu’elle ne s’appelle pas Pearline Portious mais Adaminte. Pearline Portious, c’était sa mère, celle qui lui a donné naissance dans une léproserie parce qu’elle n’arrivait pas à vendre ses napperons violets. Alors, de fil de couleur en fil de couleur, elle s’est installée avec les derniers malades grâce à qui les napperons sont devenus bandages et les malades arc en ciel. Et puis, un homme est passée par là et maman Lazare a dû repousser sa mort pour veiller sur Adaminte.

Le réalisme magique marque les pages de ce début de roman en Jamaïque. Entre songe et superstitions, les dons vous tombent dessus comme autant de malédictions. C’est ainsi qu’Adaminte est devenue crieuse de vérité. Et même si on se trimbale une paire de ciseaux au cou pour couper les fils des esprits qui s’emparent des âmes, et même si on est la reine des égorgements de poulets, en Jamaïque ou pas, quand on dit une vérité que personne ne veut entendre, on est rarement crue.

Adaminte ou Pearline, l’atmosphère en Angleterre est moins propice au réalisme magique qui a tendance à s’étioler, non seulement pour le personnage, mais aussi pour son histoire. Et ce qui fonctionne parfaitement dans un univers finit par faire hiatus dans l’autre.

Alors, même si c’est un chouette premier roman, avec un style maitrisé, parsemé d’exotiques expressions qui fleurent bon le créole, qu’y sont aussi semées de belles remarques sur les rapports entre le romanesque et la réalité, les épisodes liés au récit de la déchéance d’Adaminte dans le réalisme sordide m’ont moins convaincue. La brume et les frimas londoniens atténuent les couleurs d’un personnage qui devient simple figurante d’un triste fait divers.

A lire l’avis d’Ys, qui a aussi animé le plateau de cette rencontre sur le réalisme magique, avec la Carole Martinez en grande forme, même si elle est arrivée super en retard ! mais bon moi, je lui pardonne tout … Et avis aux lectrices bretonnes, elle serait en recherche d’un village autochtone avec un bureau de poste de poste dedans ! Quant à savoir ce qu’elle veut en faire !!!!

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