la reine Margot, Alexandre Dumas

Alexandre Dumas en roman historique ne reconstruit pas la grande histoire, il en fait une autre, avec les mêmes ingrédients que la vraie, bien obligé, mais en plus hot, et c’est plutôt réjouissant ! Il nous tord les personnages vers Machiaviel, étoffe les personnages à son goût, pour plus d’épices. Il cuisine une histoire un peu plus relevée …. Ce qui n’est pas gênant, quand on admet le parti pris du Ah, qu’est-ce qu’elle bien méchante, la reine Catherine …

Dans ce titre, Dumas reprend la trame des guerres de religion dans sa partie la plus connue, et la plus spectaculaire, ce qui est logique vu le projet de cape et d’épée. On commence au mariage de la fille de Catherine de Médicis, Marguerite de Valois, la seule fille de toute sa bande de frères futurs rois. L’ainé est déjà mort, et à laissé sa place au second, Charles VII, qui règne. Enfin, régner est un bien grand mot …. Il a bien du mal le pauvre à rester sur son trône … Un roi à l’esprit retors, amateur de chasse aux sensations fortes, si pusillanime qu’au lendemain du mariage de sa sœur avec Henri de Navarre, union censée scellée une forme de paix entre catholiques et protestants, il décide de livrer son ami, son père, comme il le dit, l’amiral de Coligny, à la colère des chefs catholiques, et avec lui, tout ce que Paris compte de réformés, d’un coup d’un seul, et c’est, bien sûr, la Saint Barthélémy.

Avec Dumas, foin d’explications sociologiques, politiques, voire religieuses (ben oui, dans l’affaire, ça a dû jouer un rôle quand même …), non, tout est affaire d’humeurs royales, de stratégies de pouvoir au sein de la famille, d’amours ou de désamours fiévreux, de luttes d’ambitions au sein des Valois, mère, frères, sœur, famille de fiel et de serpent dont la pire des vipères est la Catherine, de Médicis à souhait.

Dans l’histoire selon dumas, les poisons se cachent dans les savons parfumés, les poignards se plantent dans le dos, les grands écoutent aux portes des chambres secrètes, les chausses trappes du Louvre obligent à passer par les fenêtres, les manteaux écarlates s’échangent entre deux corridors obscurs … La reine Margot y gagne si sa mère y perd. Dumas lui donne une place de choix. Erudite, sagace, elle fait une alliance de raison avec son mari et y reste fidèle, libertine juste assez pour succomber quand même aux charmes romantiques de De la môle, un petit gentilhomme éperdu d’amour pour la reine, mais aussi de fidélité au futur roi … Henri est conforme à ce que l’on attend de lui, puant l’ail, courant le jupon, mais avec assez de roueries politiques pour se faire aimer du roi et sauver sa peau. Et pourtant la Catherine, elle en usera des stratagèmes pour le faire tomber dans les oubliettes ! Mais Dumas ne pouvant pas céder le romanesque à la dictature de l’histoire, il le protège d’un horoscope à toute épreuve à défaut d’une réelle intelligence politique.

Oui, c’est écrit à la louche, on sent bien que le Dumas tire à la ligne, pour une scène de cape et d’épée en plus, un sombre complot échoué en supplément, mais finalement beaucoup réjouissant que ce à quoi je m’attendais.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :