La marche du mort, Lonesome Dove, les origines, Larry Mc Murtry

Des origines dont on aurait bien tort de se priver car on y découvre Gus et Call dans l’oeuf, encore frais comme des gardons pressés d’en découdre avec l’aventure, toutes les aventures, ils ne sont pas regardant sur la qualité. Ils s’engagent dans le corps des rangers , comme de vrais bleus, à peine si ils savent tirer, encore moins pister. Un Gus et un Call tout neufs, c’est mignon, comme des bébés chasseurs d’Indiens méchants (très méchants et très indiens) qui n’auraient jamais vu d’indiens, d’ailleurs.

Leur première expédition, on comprend tout de suite qu’elle est vouée à l’échec ; toute bâclée et complètement de guingois. Il s’agit, normalement d’ouvrir une nouvelle route vers Santa Fé, mais comme ils sont dirigés par un pseudo major qui n’a pas vraiment la boussole dans l’œil, ils se retrouvent rapidement en plan au milieu de fort, fort, grands espaces, totalement inconnus. Deux pisteurs seulement y connaissent quelque chose, Big Foot, est un de ces deux chevronnés, peu avares de recommandations, notamment sur le mode d’emploi du suicide avant capture par les Comanches. Le second, Shadrach, est un solitaire, taiseux et déjà vieux loup. L’expédition compte encore dans ses rangs clairsemés quelques autres néophytes du scalp, deux chasseurs d’indiens répugnants et lâches et une prostituée, la robuste  Matilda, qui les accompagne pour réaliser son rêve américain à elle ; ouvrir un joli bordel en Californie avant d’être trop vieille et de ne plus pouvoir s’allonger sur la couverture derrière un buisson ou deux pour satisfaire les besoins pressés d’un ranger.

En attendant, elle émerge du Rio Grande en brandissant par la queue une grosse tortue serpentine dont elle avait bien l’intention de faire son petit déjeuner, si une tempête de sable glacée ( ben oui …) n’avait brutalement assailli le campement et rempli tout le monde de sable. Une vieille indienne et un jeune muet plus tard, la cavalcade commence à grandes enjambées : Comanches en embuscades invisibles, rivières en crue à traverser, cyclones, cadavres de chevaux efflanqués, Gus et Call échappent (presque) à toutes les flèches, lances et tortures , ballottés aux quatre coins du désert par la supériorité tactique de Buffalo Hump, le chef indien légendaire, que personne n’a jamais pu voir sans mourir et dont le regard se révélera, évidemment, insoutenable.

D’embûches en déboires, Call et Gus débutants font leurs premières chevauchées sur les grandes pistes de l’Ouest, sauf que comme elles ne sont pas encore tracées, ils vont souvent s’y perdre et y laisser des plumes. Et si ils finiront (presque) par trouver Santa Fé, ce sera après quelques scènes d’anthologie.

Mais, le grand avantage quand on a déjà lu les derniers volumes de l’épopée des deux ranchers (vieillissants), est que, même quand ils sont acculés entre un ravin et un feu de prairie, engagés volontaires au presque au milieu d’un troupeau de milliers de bisons, avec une cheville ou deux foulées, le dos encroûté de plaies, lacérés de coup de fouet, mourant de faim et de soif ou milieu du canyon de la marche de la mort, on tremble, soit, mais en prenant surtout le temps de savourer tous les ingrédients indispensables à un western bien relevé.

Alors, bien sûr, ils sont encore un peu jeunots, un peu fades, il leur manque l’épaisseur de couenne des durs à cuire qu’ils vont devenir, mais c’est quand même un régal, peut-être justement par cette naïveté qui leur fait tout oser comme tomber amoureux de Clara ou suivre une lady anglaise qui prend le temps d’une aquarelle au soleil couchant …

So long … 

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