Mémoire assassine, Thomas H.Cook

La mémoire tue à petit feu … Son absence aussi. Steve Farris avait neuf ans lorsque son père a tué sa mère, sa sœur et son frère. Les deux derniers corps, il les a laissés dans leur sang, le premier, il l’a couché dans son lit. Puis, il a attendu et il est parti. Les policiers ont cherché pendant des années, mais aucune trace, aucune explication et pas de procès. Seul reste Steve, persuadé que c’est lui que son père attendu, et que s’il a survécu, c’est parce qu’il était vraiment trop en retard, ce jour là.

Sa mémoire d’adulte est une terra incognita où règnent des dragons, ce qui fait qu’il n’y retourne plus depuis longtemps. Il a cessé de se heurter à l’énigme absolue, ce qui a amené son père à tuer. Il ne cherche plus pourquoi ils ne sont plus là ; Laura, la pétillante, la tant aimée grande sœur, Jamie, son frère, solitaire et taciturne, et sa mère qui est restée figée pour toujours en cette femme triste de trente sept ans, fanée dans sa vieille blouse rouge. Elle reste, comme son père, une énigme, cette femme qui lisait des romans d’amour, immobile dans sa lassitude d’être, sans eux et sans lui, le père quincaillier dont la passion consistait à remonter, de temps en temps, une bicyclette Rogder et Windsor rouge, tout seul dans son garage, là où il a tué sa femme.

La mémoire de Steve l’aurait peut-être laissé tranquille, dans sa vie adulte, reconstruite sur ce vide. D’ailleurs, il est architecte. Marié, un enfant, heureux autant qu’il puisse le penser, si Rebecca ne l’avait pas contacté. Elle est écrivain et récolte des témoignages à propos de ces hommes là, ceux qui ont tué leur famille et l’énigme du père de Steve l’intéresse beaucoup. Elle amené Steve à ouvrir la boite à souvenirs, et ils reviennent, des très précis, des plus vagues, auxquels Steve commence à donner sens, qu’il enchaîne. Les images des derniers mois, des derniers jours forment une chaîne, qui petit à petit l’enserre, lui et les siens. Steve perd pied, se laisse à penser, que, comme son père, il aurait pu vivre autre chose que sa vie, avec une autre femme, un autre fils, sans femme, voire sans famille … La mémoire tue, quand on la cherche, mais peut-être pas qui on croyait !

Un bon polar, un noir plutôt, avec un poil dans la main à la fin quand même. Mais pas grave, ça gâche pas.

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