Zinc, David Van Reybrouck

A force de ne pas me décider à entamer le pavé de Congo.Une histoire. du même auteur qui traîne en bonne place depuis cinq ans sur mes étagères, dans un acte de contrition plus ou moins conscient, pour me rattraper tout à fait hypocritement de mes achats, parfois compulsifs (l’auteur, il faut quand même le dire, n’a pas que la parole séduisante …) qui prennent la poussière, je me suis régalée de ce tout petit bout d’histoire, d’un tout petit bout de pays, une sorte d’histoire oubliée d’un pays qui a à peine existé.

Ce territoire est celui d’un bout du Moresnet, entre la Belgique, les Pays Bas et l’Allemagne (enfin, la Prusse au départ), et sur ce territoire a vécu Emil Rixen. Emil n’a laissé aucune trace dans l’histoire, et ma foi, son petit pays non plus, il faut l’érudition sagace de David Van Reybrouck pour nous le ressusciter un peu. En fait, le Moresnet est né d’une anomalie passagère de l’Histoire des grands pays qui découpent les frontières et qui sur ce coup là n’ont pas réussi à se mettre d’accord et puis, ont laissé tomber, jusque la guerre prochaine, ce qui fait que le Moresnet, entre la fin des guerres napoléoniennes et la première Grande, est un territoire neutre, coincé entre un Moresnet belge et un Moresnet prussien. Une anomalie, vous dis-je, puisque le bout laissé à lui même était assez riche, fondé autour d’une usine productrice de zinc, qui en ce démarrage de révolution industrielle galvanise les productions d’objets industrialisés, jusqu’aux crèmes pour les mains …

Emil, lui aussi, a été laissé là par sa mère, enceinte et célibataire qui a sans doute cru trouver en cette neutralité oubliée, un refuge. La population de Moresnet est paisible et relativement prospère, Emil est l’un de ses 4660 habitants qui vaquent tranquillement à leur neutralité jusqu’à ce que la première guerre n’en fasse le pays d’Ubu;  l’enrôlement volontaire étant en effet conditionné par sa nationalité d’origine. Le retour à la paix signe la fin de Moresnet mais les débuts d’autres vicissitudes pour Emil et son petit pays, qui n’en est plus un d’ailleurs. 

Ce fut ma foi, une lecture passionnante, comme une longue blague belge un peu triste. Sous la loupe d’un Goscinny,  David Van Reybourck nous montre un village qui loin de résister, est ballotté d’une nationalité à l’autre, au gré des décisions politiques qui lui tombent dessus comme autant de couperets de l’absurde. 

Mon seul regret, est que une fois ces ombres d’Emil et des autres, ces habitants que l’auteur a fait un peu parler, une fois qu’elles furent là, je m’y suis bien attachée, et que le texte est bien court …

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