Comment tout a commencé, Pete Fromm

Malgré cette sollicitude de l’éditeur, le seul truc que j’ai à peu prêt compris est que le rôle du lanceur est primordial vu que sur le schéma, il est au milieu du terrain, et même sur un monticule, et qu’en plus, les deux héros de ce roman pratiquent le lancé avec une sorte de frénésie incessante. Pour les noms des différents lancés et ce qui se passe après sur le terrain, je suis toujours aussi coite. 

Les deux héros sont frère et sœur, Abilène est la sœur aînée d’Austin. Elle est surtout son modèle, son entraîneur, son monticule et aussi son tortionnaire. Il est sa victime consentante et radicale. Comme la pratique du base ball, et surtout, donc, celle du lancer, constitue le moteur principal et destructeur de leur relation, je me suis sentie bien souvent exclue, et j’ai survolé pas mal de récits de leur entraînements, ce qui fait malgré tout une somme conséquente de pages sur l’ensemble du bouquin.

Petit à petit, on comprends qu’Abi a voulu être une lanceuse d’exception. Selon son frère, elle est la meilleure. tout ce qu’elle veut elle est que son frère soit le meilleur, qu’il écrase de sa supériorité tous les autres, et d’abord les joueurs et le coach de l’équipe du lycée qui l’ont laissée toute une saison sur la touche. Austin fera la carrière qu’elle n’a pas pu faire, réalisera match parfait sur match parfait, lancera la balle à une vitesse écrasante. Il le fera parce que Abi le veut et Austin veut ce qu’Abi veut, passionnément dans une fusion quasi amoureuse et parfaitement exclusive. Austin la suit, cloué par son amour inconditionnel sur le siège passager de sa camionnette qu’Abi lance la nuit à l’assaut du monde. De tout le monde.

Ils jouent tous les deux contre leurs parents : Abi et Austin se veulent extraordinaires contre ce couple ordinaire qui s’est établi à Pacos et ne voient pas quel mal il y a à cela, ni à vouloir vivre normalement. Le père radote bien un peu ses vieilles histoires de lune de miel, mais bon, pas de quoi susciter chez sa fille une telle haine et un tel mépris, qu’elle a communiqué à son frère. 

Ce que l’on comprend aussi petit à petit est qu’Abi est bipolaire, ce qu’Austin refuse de voir et d’admettre, même si elle devient de plus en plus dangereuse pour elle et sa famille au fur et à mesure de ses crises et de ses dérapages incontrôlés. Abi disparaît, de plus en plus radicalement, Austin le vit comme un abandon. Lorsqu’elle revient, c’est en tyran qu’elle change les règles du jeu d’un petit bonheur possible. Incapable de voir que la réalité de sa sœur est la maladie, Austin, à son tour charge le monde entier de sa colère, juste avant le craquage final.

Cet aveuglement obstiné face à la pourtant évidence, en plus de l’omniprésence de ce fichu sport auquel je je comprends rien, fait que j’ai eu l’impression d’un roman qui n’avançait pas, que c’était juste la même partie qui se jouait, juste en un peu plus fort à chaque fois.

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