Manderley for ever, Tatiana de Rosnay

Suite à mon  enthousiasme pour La petite femelle, je me suis laissée dériver vers une autre biographie. Comme j’aime les livres de Daphné Du Maurier, d’un amour sans faille depuis qu’Ingannmick m’a relancée dans Rebecca, je suis passée outre la renommée grand public un peu facile d’effets de l’auteure de la dite biographie, en me disant que Daphné allait tout emporter, forcément.

Bon non, en fait, pas vraiment tout, car la passion tant littéraire qu’amoureuse qui fait que Daphné est une auteure bien plus sulfureuse qu’à l’eau de rose, retombe ici dans des plis bien repassés.  Tatiana de Rosnay suit son sujet pas à pas, et c’est sans doute ce qui m’a coincée, après les dérapages de Jeanada. Ici, tout dans le bon ordre : l’enfance, la fille chérie de papa, adoratrice de ce comédien à la mode, un poil égocentrique. Daphné est déjà solitaire, mélancolique, à part, et poursuivie par sa vie intérieure de garçon. Après, ben le fil est tiré tout droit jusqu’à la fin. Daphné grandit et avec elle son goût pour la lecture, l’écriture dans le carnet noir du journal intime. Le sentiment de sa différence aussi, elle joue toujours les rôles de garçon …. Le goût pour la France, lié bien sûr à ses origines, le goût pour le passé trouble des familles et les secrets, vu que dans la sienne, il y a en avait pas mal. La pension, la première aventure « vénitienne » dans les bras d’une pétillante professeure, leurs escapades, mi cachées mi relookées en stage scolaire, sont rendues ici aussi lisses qu’une permanente pour caniche de la bonne société.

738_maxpeoplefr184742.jpgDaphné en femme forte mais fragile a été effectivement couchée « for ever » sur le papier. Le livre est sûrement fidèle à la chronologie (je n’en sais rien, je n’ai même pas lu la notice de Wikipédia). On y trouve les intérêts de la dame ; la mer, la Cornouailles, les grandes demeures qui l’inspirèrent, dont « Mana », modèle de Manderley. L’auteure, en ne croisant pas les perspectives, s’en tient, sans apologie, quand même, à des analyses de surface. Le mécanisme d’écriture de l’auteure est démontré, à chaque fois de même : une « patère » dans la vie réelle (une maison, une femme ou un homme aimé, un fantôme du passé …) donne la « route » de la fiction à la romancière qui s’enferme et file jusqu’au bout. Publication, Daphné gagne (Rebecca) ou perd (les derniers romans). Entre temps, elle a un mari qui part à la guerre et trois enfants.

De la sulfure, point n’en a été gratté le cul de la marmite. De la passion exclusive, par exemple, de la romancière pour son fils … Même lorsque devenu grand et cinéaste ( de peu de renom visiblement), la romancière, si avare de ses apparitions médiatiques, consent à donner une interview en échange du passage d’un film sur les ondes. Moi, je veux bien, mais je me dis qu’il y avait du poil à gratter, là … Mais bon, comme on n’a rien voulu m’en dire, et que j’aime bien le poil à gratter, je m’en vais aller lire du Du Maurier, sans autre filtre que ses fictions à elle : potions magiques et poisons … 

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