Le miniaturiste, Jessie Burton

Un livre qui a le parfum décevant de ceux qui avaient tout pour plaire : Amsterdam prospère et hypocrite, argent et bombance replètement replié sous les costumes protestants, et les fraises empesées des guildes ( vous saviez que les gâteaux en pain d’épice représentant une figure humaine pouvaient être interdits ?), un riche marchand mystérieux, iconoclaste et insolent, la réussite flamboyante accrochée à la guirlande du vent, et quelques pains de sucre qui moisissent dans des entrepôts …

Le roman commence par un enterrement, une histoire sûrement bien sombre,car l’enterré est bien solitaire, entouré d’une communauté aussi curieuse que clairsemée, et très affairée à observer une femme ravagée, soutenue par sa servante dans le même état. Un passereau passe par là, aussi inutile qu’éphémère, une minuscule maison de poupée et cinq figurines anonymes en guise de fleurs et de couronnes.

Début allégeant, mais le riche marchand, Johannes se fait encore un peu attendre, (mais est-ce lui le futur mort, rien ne l’indique). Ce qui est d’autant plus singulier que Johannes vient de se marier, et que sa jeune, très jeune et très innocente épouse, arrive dans son opulente demeure. Nella, dix huit ans se trouve face à Marin, sœur de son mari, femme fort peu avenante et très mystérieuse, aussi comme le frère, le mari, absent pour affaires … mystérieuses, évidemment.

Nella n’a pas eu le choix, son aristocratique famille n’avait plus un sous, et mari et richesses l’avait choisie, enfin, on pourrait le penser. Sauf que le mystère s’épaissit. Étrange maisonnée que celle de Johannes où Nella dort seule sous des édredons brodés trop lourds, que les bouteilles de parfums se brisent sous le lit, alors qu’en bas bruissent les sonorités des altercations entre le frère et la sœur, et que les deux domestiques, Cordélia et Otto, semblent ourdir des relations maîtres valets quelque peu décalées. Secrets de la maisonnée que tous gardent bien fermés à Nella, qui n’y comprend goutte à ce drôle de mari, à sa sœur bien fière, à ce domestique bien noir (au sens propre, il a été racheté au Dahomey par le maître), à cette servante qui écoute aux portes et gardant sa langue bien pendue dans le fond de sa poche.. Pendant ce temps, une silhouette scrute Nella, une femme blonde aux yeux clairs.

Johannes offre à Nella un drôle de cadeau de noce, une luxueuse maison de poupée, reproduction parfaite de la sienne, aussi vide et obscure. Puis des figurines arrivent, entre fantasme et cauchemar, elles se mettent à raconter une autre histoire que celle que Nella voit, à tâtons. La miniaturiste reste invisible, à défaut d’être muette, elle écrit de mystérieux messages, pas de raison qu’elle soit claire, alors que personne ne l’est dans cette histoire, pas même le lecteur.

Parce que lui, entre tant de couches de mystères, il peine un peu à la tâche à attendre que ça se décoince (bon, quand ça se décoince ça peut aller vite, d’un coup, il se retrouve dans un autre roman, qui se cachait derrière le premier). Tour de passe, jeu de colin maillard, la souris verte et amstamgram, la chevillette cherra finalement, les voiles seront levés, mais entre le fantastique, le roman fleur bleu, le roman historique, c’est un confus et lourd, finalement, on digère un peu gras … 

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