L’ultime défi de Sherlock Holmes, Mickaël Dubdin

Ce titre aurait pu avoir comme sous titre Sherlock Holmes contre Jack l’éventreur, mais je crois que cela s’est déjà fait d’imaginer la rencontre entre le personnage de fiction tellement ancré dans nos références qu’il en est devenu presque réel, et le personnage réel, tellement fictionnalisé qu’on oublierait presque qu’il a vraiment existé, (enfin, selon Nessy, qui l’aurait aperçu dans un brouillard écossais, du fond de son lac.)

Ce récit met donc en place tous les éléments de l’imaginaire si londonien qui entourent la série des crimes de Jack l’éventreur, à tout jamais énigmatiques et les mêlent à ceux, tout aussi reconnaissables, de l’univers créé par Conan Doyle. A commencer par le docteur Watson, plus vrai que nature. Il est mort à 73 ans, le 16 février 1926 des suites d’une mauvaise chute à son domicile, dans la comté de Hampshire, et c’est bien une fin aussi banale que l’on attendait de lui.

Mais son héritage réserve quand même une surprise, une sorte de bombe à retardement, une ultime, donc, vérité sur Holmes. En 1976, ressurgi d’une obscure salle des coffres, un classeur métallique où dormait incognito un manuscrit du cher docteur, datant de 1922, où l’éternel alter ego du grand détective avait consigné le secret de sa dernière aventure, sa vraie dernière aventure. A peine publiée, le récit de Watson provoque consternations et polémiques, on doute de la santé mentale du docteur, on crie au crime de lèse majesté, on hurle à la sénilité paranoïaque. Le lecteur est donc immédiatement mis en garde, l’étoffe héroïque de Holmes va trembler dans le firmament des gloires littéraires du bien contre le mal.Tout l’intérêt de l’enquête est donc de découvrir la révélation annoncée, mais pas seulement, il est aussi dans la reconstitution quasi parfaite du monde de Conan Doyle et de ce style d’écriture romanesque qui mêle l’invraisemblable aux déductions logiques du monde, en apparence …

Ainsi, on plonge avec un délice enfumé dans la nuit des ruelles des bas fonds de Londres, dans les coins mal famés où les tripots lâchent les prostitués misérables sur le pavé glissant. Et pour le reste, rien de mieux à dire que qu’a écrit Chabrol dans la préface de ce nouvel avatar de la « mare holmésienne », « tout lecteur, sherlockomane ou non, est heureusement fasciné par le jeu double de l’écriture ». Sans aller jusque la fascination, je ne suis absolument pas un adepte de Holmes, mais le plaisir du jeu, entre réalité littéraire et réécriture ludique est fort plaisant à suivre.

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6 commentaires sur “L’ultime défi de Sherlock Holmes, Mickaël Dubdin

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