Le chant de la Tamassee, Ron Rash

Et ses lois ne sont pas de celles qu’on défie ou dévie, du moins pas sans l’assentiment des ses protecteurs à la tête desquels se dresse une sorte de gourou de l’eau vive, Luke, chef de la secte des rafteurs, le canal historique du label « rivière sauvage », ancien amant de Maggie, photographe de presse, partie pour faire carrière ailleurs, loin de ses fantômes, même si les siens n’ont rien à voir avec le drame qui la ramène sur les rives de son enfance et de ses souvenirs.

la rivière tueuse a englouti le corps d’une fillette qui voulait juste patauger jusqu’au son milieu pour avoir à la fois un pied en Géorgie et un autre en Caroline. Mais en terme technique, cette boucle de la rivière s’appelle un ressaut hydraulique. La fillette a été happée et son corps est enseveli dans l’œil du cyclone d’eau.

Ses parents veulent son corps, contre la rivière, et contre l’avis de ceux qui en connaissent les méandres, les secrets et les dangers, contre aussi Luke et les partisans du label sauvage, qui craignent un précédent préjudiciable aux lois de la nature reine. Pour récupérer le corps, en effet, il faut établir un barrage. Et même s’il serait provisoire et exceptionnel, ce serait une entrave, une entorse, une déviance qui pourrait abîmer la voix de la rivière, elle qui charrie des histoires de morts et de légendes à l’ombre de ses cornouillers en fleurs.

le récit retrace ce conflit entre deux parties légitimes, sous les yeux de Maggie, qui compte plus ou moins les points, derrière son appareil photo, rattrapée par les anciennes douleurs de ce sud profond dont elle connait bien les recoins, dont certains lui parlent de son enfance, d’un père mal aimant, de brûlures encore fraîches, d’un frère qui se répare, ce qui lui reste encore à faire …

Un titre pas aussi rude et âpre que d’autres du même auteur, qui met en scène sans parti pris dogmatique, les tenants des droits de la nature à rester un mystère intact, et l’attachement humain au deuil.

 

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5 commentaires sur “Le chant de la Tamassee, Ron Rash

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    1. En déménageant, je me suis rendue compte que je lisais vraiment beaucoup de littérature des USA, mais je commence à freiner un peu sur le type premier roman génial annoncé comme la dernière claque chez Albin Michel et consorts (même si évidemment, le boulot de cette maison d’édition est à saluer !). Mais pour Ron Rash, je pense que tu pourrais aimer, peut-être plus « Un pied au paradis » que celui-ci, d’ailleurs. Rien à voir, tu as eu mon message pour Mary Ann ?

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