L’amour des Maytree, Annie Dillard

L’amour des Maytree a le goût de la mer, il se déroule au Cap Cod, et concerne trois personnes, essentiellement, Toby, Lou et leur fils Paulo.

Toby est charpentier, mais principalement poète, il compose de longs poèmes qui prennent racine dans les dunes et chez Socrate. Lou est silencieuse, vaguement peintre, un peu fantasque, peu soucieuse de plaire et si charmante qu’elle ne s’en rend même pas compte. Au sortir de la deuxième guerre mondiale, Toby se noie dans la beauté de Lou, et Lou se laisse finalement aimer dans ce regard là.

Ils s’épouseront en un amour lumineux comme le soleil de la plage de la cabane, derrière les dunes, avec un petit vent tiède et doux qui soulève les vaguelettes d’un amour presque parfait dans son évidente simplicité.

Après, ils lisent, beaucoup, s’aiment, beaucoup, et ont un fils, Paulo, avec lequel ils s’étendent sur le dos pour contempler les constellations qui flottent au dessus de leur petit monde de la bohème de Cap Cod : Cornélius Bue, dont les bacchantes sont aussi longues que sa solitude chérie, Reevadare Weaver, une excentrique vieille dame qui a élevé les mariages à répétition au rang de dogme, et Deary, qui dort parfois dans un filet de pêche sur la plage et cultive les conquêtes passagères.

Si le roman s’arrêtait là, il serait déjà beau comme un moment hors du monde.

Mais Toby va prendre la tangente, se détacher des silences de Lou, de la vie douce qu’il a fini par trouver plate, perdre son point d’ancrage pour en trouver un autre, se donner droit à une autre vie. Ce que Lou ne fera pas, ancrée les pieds dans le sable de la cabane. Elle ajuste juste la focale, écarte rancœurs et ressentiments comme on écarte des fleurs fanées à l’inutile facilité.

Et puis, l’amour peut se refaçonner, et Lou et Toby construisent un parcours unique, d’un anticonformisme que permet le temps qui passe, panse et refaçonne des sentiments que l’on aurait pu croire convenus.

Le couple réinventé dans la luminosité marine des dunes de sable.

7 commentaires sur “L’amour des Maytree, Annie Dillard

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    1. J’ai découvert ce titre dans une très bonne librairie nantaise qui présente des titres en dehors des modes en « coup de coeur ». Je n’en avais jamais entendu parler avant, mais il semblerait que se soit un classique. Et franchement, il mérite cette appellation, cette histoire est belle, elle est de partout, même si on y respire l’air marin !

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    1. Voilà le qualificatif parfait pour Lou ! Et tu diras merci à Vents d’ouest ! Il faudrait presque que je fasse une catégorie à part pour les livres conseillés par cette excellente librairie !

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