La perfection du tir, Mathias Enard

Dans ce début d’ été plutôt caractérisé par les pavés et la littérature pas française, un petit livre a été  sorti de ma pile, un livre écrit par  un Français qui semble avoir le vent en poupe depuis un certain temps, mais sur lequel je n’ai pas encore réussi à me faire une idée claire.

« Zone », donc, qui est un pavé, je l’avais reposé sur la pile sous le nez de l’auteur (c’est toujours un geste pas terrible à faire, mais bon …) et j’ai pris le petit d’à côté, du même auteur quand même, vu que j’étais devant lui au festival « Étonnants voyageurs ».
Les premières pages de « La perfection du tir » m’ont fait un peu peur …. Je l’ai vite refermé pour ne pas avoir trop vite fait d’idées toutes faites. Méfiante, je suis donc repartie vers une autre de mes activités préférées de cet été, repeindre et décorer ma future pièce à lecture. Et finalement, j’y suis retournée

Bon, on est pas dans le grand, mais ça se lit. En tout cas, pas d’autofiction branle nouille comme j’en avais eu l’impression au départ. On est dans le même système de narration que dans « Les bienveillantes », c’est-à-dire dans la tête d’un tueur qui aime tuer, et même, pour qui tirer du haut d’un toit sur des inconnus est la presque unique raison de vivre. C’est un autre lieu, un autre moment que le livre de J. Littell (le conflit n’est pas vraiment situé d’ailleurs, mais la guerre de l’ex-Yougoslavie est clairement évoquée), et le narrateur est moins gênant pour le lecteur que celui de Littell. C’est un salaud, mais un salaud sans idéologie. Juste le goût de tuer. Pas celui de violer, c’est déjà ça, juste un peu celui de torturer, mais avec plus de réticence que les autres,  quand même, et cela permet de le suivre sans trop se sentir voyeur …. On suit, donc, mais sans vraiment non plus adhérer, spectateur d’horreurs qui ne concernent pas le narrateur, et du coup le lecteur, de peurs provoquées sans vraiment être menées.
L’écriture est sèche, convient au sujet, sûrement, mais bon sécheresse, point trop n’en faut ….
Il me restera à lire « Zone », sans doute ….

4 commentaires sur “La perfection du tir, Mathias Enard

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  1. Je l’ai lu il y a déjà un moment et j’en ai gardé le souvenir d’un roman bien écrit mais « plombant »… L’avis de M. Margotte qui vient de le terminer : « c’est glauque » : laconique comme le tir d’un sniper !

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    1. Je rejoins l’avis de M. Margotte, c’est glauque parce que l’on ne voit pas à quoi mène les évocations de ces horreurs. Il y a forme de gratuité, le personnage est très « sec », presque squelettique …

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  2. J’ai l’impression que cet auteur écrit des textes très différents. J’avais beaucoup aimé Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, où sa prose est vive et poétique, et je viens de lire Rue des voleurs, dont mon billet paraît demain, qui n’a rien à voir, aussi bien sur le fond que sur le forme…

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    1. J’avais aussi particulièrement aimé ce titre, surtout la figure de Michel Ange, et pourtant, je n’ai pas particulièrement de curiosité pour poursuivre, sauf si ton avis est très positif, évidemment !

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