En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

Au bout de deux tentatives pour l’avaler, ce livre, j’ai fini par y arriver, presque sans ronchonner trop, en mettant de la distance entre moi et moi même. J’ai avalé ma mauvaise foi, et le pétillant avec, un pétillant artificiel, en plus, du clinquant bohème tellement clignotant qu’il en devient de mauvais goût.

Un couple se rencontre au bord d’une piscine ; lui est un menteur hors pair qui s’invente des généalogies extraordinaires et les fait gober sans soucis à des gros niais, elle, elle est le mensonge incarné femme fatale. Elle vit dans le déni du réel, de la pauvre banalité, le sort du commun des gros niais. Elle danse, boit, provocante, libre et folle. La folie est belle, il l’accepte, il l’épouse, il sait qu’il le payer, il s’en fiche, il est riche.

On enfile quelques clichés toujours clinquants sur le sale mariage et le méchant travail, et un fils plus tard, ils dansent toujours sur la même musique enchantée de Nina Simone, flirtant toujours avec l’excès sans conséquence. Dans le forcément grand et splendide appartement parisien, le narrateur raconte les fêtes qui s’enchaînent, sur le même microsillon, elle, sa mère, si belle emportant toute réalité dans le tourbillon bien plus amusant de ses extravagances. S’y balancent aussi, un oiseau à long cou et longues pattes, surnommé mademoiselle superfétatoire, parce qu’elle ne sert à rien d’utile ( ce qui est un fait), mais juste à faire valoir que c’est quand même drôlement original, et un ami du couple, dit « l’ordure », une sorte de sénateur à tout faire.

L’amour inconditionnel a quand même un prix fou à payer, et la fuite de la réalité aussi (ben oui, faut quand même pas exagérer, rien n’est plus beau que la folie, mais dans le méchant réel, il y a des impôts à payer, c’est pas gentils les messieurs des impôts, d’ailleurs !).

La fête à tout prix prend alors des allures de fado, mais la tonalité reste en gros la même, dans la surenchère permanente de la si belle extravagance versus la morne norme … Du coup, on accumule les clichés (genre, c’est beau l’amour pour toujours).

Moi, je ne peux pas avaler autant de bulles à la fois, ça me coince.

 

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26 commentaires sur “En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

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    1. Ben oui, depuis le temps qu’on se lit … c’est quand même marrant et finalement, c’est ce que j’adore dans les blogs que je suis, genre, non, Jérôme se met à aimer les vieilles anglaises ? Alors tout est possible … mais non, pas que je mette à aimer des bouquins rigolos, et surtout des bouquins qui se veulent rigolos ! Il me faut un ancrage, je dois être trop basique …

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  1. J’ai résisté très longtemps, puis on m’a fortement incitée à le lire. Au final, comme je n’avais aucune attente, j’ai embarqué à fond. J’en garde une très jolie histoire (très romanesque). Comme Jérôme, j’aurais été étonné qu’il emporte ton adhésion!

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    1. Je n’ai pas résisté, juste trop d’engouement pour moi, j’aime bien prendre mon temps … Mon côté j’aime pas le romanesque ? Et pourtant, j’aime le romanesque, je dirais que je n’aime pas le romanesque exprès, je ne sais pas si cela existe comme catégorie ? Pour être honnête, je l’ai terminé parce ce que, quand même, l’air de fado de la deuxième partie m’a touchée, mais pas assez !

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    1. Keisha, je te fais un aveu confidentiel : je suis incapable de ne pas finir un livre quand je l’ai commencé, un traumatisme enfantin ? (mes parents m’obligeaient à finir mon assiette maintenant, je n’en finis jamais aucune, et pour les livres, c’est l’inverse … ce doit être grave, doc ?). En ce qui concerne ce titre, je n’ai vu que l’artificiel, et après, rien à faire ! Tu sais ces petits détails qui font que tu ne vois plus qu’eux, et que hop, c’est mort ! ^-^

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      1. Je comprends parfaitement cette histoire de détail qui grandit grandit et empêche de voir le reste!
        Avec mas parents, valait mieux finir aussi, et ça je garde l’habitude… Mais je choisis le contenu, maintenant.

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      2. Oui, tu parlais dans un tes derniers articles de ce « décrochage » qui fait qu’on se focalise sur un élément qui parait incongru, et hop, on sort de la lecture ! on voit les ficelles, je déteste quand cela m’arrive !

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  2. Comme Jérôme et Marie-Claude, j’étais presque sure que ça ne passerait pas… Bizarrement, j’avais personnellement bien accroché malgré d’énormes a priori… je crois que je l’ai lu le temps d’un trajet en voiture Bordeaux-Royan. Peut-être faut-il le lire avec l’air de la mer qui tourbillonne par la vitre, la perspective prochaine du sable entre les orteils, et de l’odeur de barba-papa dans l’air …

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    1. Tu vois, c’est ton article qui m’avait décidé, je me suis dit que si tu avais apprécié ce type de texte « léger », je pouvais m’y lancer … Il faut croire qu’il m’a manqué le contexte, et surtout l’odeur des barbes à papa ! J’avais le cri des grillons et le transat, pourtant …

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    1. Oui, ce titre a été un vrai succès, je comprends pourquoi, il y a un vrai rythme, le récit est maîtrisé, ça passe comme un bonbon … Mais, comme tu l’as lu, le bonbon m’a collé aux dents !

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    1. J’avais envie, pourtant, mais plus par curiosité que véritable intérêt, il faut bien l’avouer ! Ce titre avait tellement suscité de commentaires positifs que je voulais y mettre un grain de sel …

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  3. Ah ben tu vois, ce livre m’intrigue depuis sa sortie mais je m’en méfie beaucoup aussi, comme une intuition que j’aurais les mêmes ressentis que toi. Bon, du coup je ne l’ai toujours pas lu et ton billet ne m’encourage pas à sauter le pas.;-)

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  4. j’ai bien ri en lisant ton billet! J’ai aimé cette lecture mais c’est loin d’être un coup de cœur ! J’ai trouvé cette histoire de folie bien trop facile et le roman ne m’a pas laissé un super souvenir. Je suis vraiment ravie de lire un avis allant dans le même sens!

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