Je ne sais pas ce qu’elle a cette belle personne (mis à part qu’elle est une belle personne) mais, tout à l’heure, pendant un quart d’heure, j’étais presque convaincue qu’il fallait que je relise Faulkner. Elle a présenté  « Le bruit et la fureur » avec une telle force de conviction que je me suis dit qu’en fait si je n’avais rien compris la première fois, c’était uniquement parce qu’elle ne me l’avait pas expliqué avant. Et que je n’avais pas lu la préface, ni le très beau texte qu’elle a lu sur « la balle de ping pong » qui l’a touché en plein cœur (il y a une balle de ping pong dans Faulkner ?) et une histoire de flux, de femmes d’ancêtres, de sud et de poésie, et de je ne sais pas plus quoi d’autres, mais c’était juste beau, ce qu’elle disait de Faulkner, de ses mensonges (comme celui, extraordinaire, de Romain Gary dans « La promesse de l’aube »)

Je suis parfaitement d’accord avec elle, en théorie, mais quand même lucide : je ne relirai pas Faulkner.

Par contre, j’ai acheté « Le sari vert », parce que Carole Martinez en a lu une page qui m’a fait rire (mais elle a dit qu’ il y a du tragique dedans et tout, et le tragique et tout qui fait rire, je suis pour),   le dernier Gaëlle Josse, parce que c’est Carole Martinez qui a dit qu’il était bien mais surtout parce que j’adore Gaëlle Josse et que du coup, la Carole me donnait une caution qui me permettait de dire à mon homme que malgré mes achats antérieurs, je ne pouvais absolument pas faire autrement.

J’ai résisté au dernier Nathalie Azoulai,  (« Les spectateurs ») malgré tout le bonheur que j’ai eu à lire « Titus n’aimait pas Bérénice« , uniquement parce que mon homme commençait à trouver le temps long (ben oui, j’étais en train d’expliquer à des lectrices aussi cinglées que que moi, qu’il fallait lire « Titus n’aimait pas pas Bérénice » et aussi « La petite femelle » et aussi « Le propre et le sale » et d’autres encore, pendant que les mêmes, aussi cinglées que moi, me disait pourquoi il fallait en lire encore d’autres …)

Les jardins d’hiver, finalement, portent des fruits inhabituels.

Publicités

10 commentaires sur “Aujourd’hui, c’était Carole Martinez

Ajouter un commentaire

  1. Une balle de ping pong dans Faulkner. Un jour je relirai Le bruit et la fureur ( même si pas entendu les paroles de Carole Martinez !!!!) mais pas tout de suite… Quel beau w-e littéraire ! Que d’achats ! Une semaine qui se conclut en beauté 🙂

    J'aime

    1. Heu, finalement, c’est une balle de golf, m’a dit mon homme, qui a lu deux Faulkner … Mais en parle beaucoup moins bien que Carole Martinez (à vrai dire, il n’en parle pas en temps normal …) Mais là, il s’est fendu d’un commentaire, « je crois que je vais le relire … » c’est sibyllin, mais en rentrant, il a quand même vérifié son coin de bibliothèque en anglais ! Il m’a fait peur … Et finalement, il est retourné à ses activités normales (la cuisine) …

      J'aime

    1. Si vite fait, elle a la fin, elle devait parler une demie heure, elle a parlé une heure, et elle ne s’arrêtait plus … En gros, pas assez convaincue pour l’acheter mais quand même un peu beaucoup pour le lire ! Heureusement que j’avais ton avis mitigé en tête, sinon, je me précipitais dessus ! Comme pour Faulkner, heureusement que je l’avais lu, sinon … j’achetais les œuvres intégrales en dix exemplaires et je les offrais à toutes mes amies ! Et je pense que j’an aurais perdues en route …

      J'aime

  2. Une balle de ping pong? J’ai aimé Le bruit et la fureur, hum.
    Et c’était super qu’il y ait des cinglés de lecture là bas, j’en manque un peu ici (pourquoi crois-tu que je fréquentes les blogueurs?
    Bises amicales à ton homme, tiens.

    J'aime

    1. Il a bien du mérite, mais en même temps, il est aussi un lecteur, donc, en gros, il m’attend … Sachant qu’il n’aura pas à lire mes lectures médiocres, mais juste les meilleures (et ça m’énerve …)

      J'aime

  3. Moi non plus, je ne relirai pas Faulkner, j’ai eu trop de cauchemars à cause de lui à la Fac…
    « Ma mère est un poisson. » euh, y a que ça dans ce chapitre ???

    J'aime

    1. J’ai aussi des souvenirs de traductions de Faulkner anglais français où au bout de trois heures de boulot acharné, je me disais, ça y est j’ai compris, c’est une histoire qui pousse doucement sur un mur … Je trouvais bien le mur un peu bizarre, mais bon, c’est du Faulkner me disais-je et le lendemain, à la correction, ben non, c’était une jeune femme qui sortait la jambe de sa voiture … Dépitée !

      J'aime

  4. C’est en effet sa préface qui a sauvé ma lecture du Bruit et de la fureur.. je ne les lis jamais, et là, mue par je ne sais quelle intuition, dépitée par l’obscurité du texte de Faulkner, je l’ai lue après avoir entamé un dixième du bouquin. Ça ne l’a pas rendu limpide mais en expliquant les liens entre les personnages, ça m’a au moins permis de comprendre l’intrigue, et de ma laisser emporter par l’écriture (Faulkner, j’adore, si un jour le cœur t’en dis quand même, j’ai la trilogie des Snopes sur ma PAL !!)

    J'aime

    1. J’avoue que je n’ai aucun souvenir de la préface, et très peu du livre, juste que j’avais réussi à le trouver fascinant mais alors pour m’y relancer, comment dire non ? Même si tu serais capable de convaincre !

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :