Au revoir là haut, Pierre Lemaitre, Christian de Metter

Quand cette adaptation est parue, franchement, je l’ai boudée. Pas du tout tentée par ce qui me semblait ne pouvoir être qu’un remake avec des trous.  L’histoire d’Albert maillard et Edouard Péricourt est tellement foisonnante de seconds couteaux tout aussi réjouissants et indispensables que les deux Pieds Nickelés de l’arnaque aux monuments aux morts, que je voyais pas du tout comment j’allais pouvoir y trouver plaisir et intérêt. L’histoire, ben, je la connais et même bien. Entre temps, j’ai vu l’adaptation de Dupontel, que j’ai réussi à quand même apprécier malgré une frustration inévitable, tout n’y était pas.

Dans cette B.D non plus, tout n’y est pas, et pourtant, je me suis régalée :

  • Un de mes personnages préférés, Merlin, est croqué avec virulence en vrai chevalier gris de la justice.
  • Albert Maillard et Pauline sont à croquer, justement, surtout elle. Philippe Torreton dans la préface la qualifie de beauté citronnée : un citron à la garçonne, piquante et fraîche
  • L’articulation textes/dessins est juste juste. Le dessin dit la satire, l’humour, le cynisme, le désespoir et l’abandon, l’amitié, la tendresse, la vacherie. Le texte dit ce qu’il faut pour que le fil narratif fonctionne.

Une question me turlupine quand même, pourquoi les deux scénari, de la BD et du film, arrangent la fin du roman. Dans les deux, Edouard se jette du balcon du Lutécia et atterrit sur le capot de la voiture de son père, ce qui fait que l’ultime confrontation du père et du fils laissent les deux à égalité, face à un accident-suicide. Ce qui n’est pas le cas dans le roman.

J’ai relu deux fois pour être bien certaine mais on ne sait pas pourquoi Edouard se précipite du hall de l’hôtel sous les roues de la voiture de son père, qui l’écrase, donc le tue … Juste après l’avoir reconnu, ce qui le sidère assez (et on le serait à moins …) pour qu’il ne puisse dévier sa route.

Je me dis, c’est bizarre, l’auteur a fait une boucle symbolique super cruelle et super pertinente dans le roman, mais l’évite par la suite … Le succès l’aurait-il  amené à modérer l’ironie tragique première ? Cette frilosité, si c’est bien de cela qu’il s’agit, n’enlève rien à la qualité de la B.D, l’envol en costume de zouave et plumes de paon est peut-être plus héroïque à dessiner et à filmer que le pantin dérisoire et à bout de souffle du roman.

 

5 commentaires sur “Au revoir là haut, Pierre Lemaitre, Christian de Metter

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