Sucre noir, Miguel Bonnefoy

L’aventure commence alors que le navire pirate d’Henry Morgan a échoué dans une margrave. Immobilisé en pleine jungle, le végétal en a envahi la coque, a grimpé sur les mâts et le capitaine enfle et pourrit sur pieds, enfermé avec son trésor dans la cabine retranchée.

Trois siècles plus tard, le parfum légendaire  de ce trésor attire sur les terres de la modeste plantation de la famille Otero, un chercheur de trésor, Severo Bracomte. Il s’égare dans les lianes de ses plans de papier, sortis  de quelque  transaction louche. De la forêt, il ne ramène qu’une statue de Diane, un marbre antique que la terre riche d’humus, le  laisse porter jusqu’au perron du domaine comme son trophée.

Une valse se tisse aussi entre lui et la fille du domaine, Séréna Otero, langoureuse et rebelle, une Emma Bovary exotique, dont les regards vagues sur l’horizon, vont finir par se poser sur lui, le temps d’un mariage.

Le trésor est oublié, les saveurs du réalisme magique s’estompent, au profit d’un récit plus classique d’une quête qui s’égare.

Pendant ce temps, une vieille femme en noir traverse la maison des Otero, une fois par an, pour pousser la porte de la chambre interdite, au fond du couloir. Elle passe la nuit là, et s’évapore poliment, en disant au revoir et à bientôt. Le roman la rattrape vers la fin en une boucle qui clôt la fable sur elle-même.

Un livre qui porte bien son nom, sucre noir riche en saveurs, de rhum et sel, de plantes grasses et lourdes. La nature comme la langue y sont foisonnantes, jusqu’à sentir un peu l’emphase de la fatalité, parfois, juste parfois …

 

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9 commentaires sur “Sucre noir, Miguel Bonnefoy

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    1. On l’a vu beaucoup sur les blogs ? Rien vu moi ! J’ai découvert cet auteur à Étonnants voyageurs, et ma foi, il parlait si bien, et pas seulement de son livre, d’ailleurs, et était charmant, que ma foi, je me suis laissée tenter. Le côté fable philosophique me disait moyen , mais finalement, il passe assez bien ce titre.

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    1. C’est vrai qu’il y a quelque chose d’inabouti dans les personnages, il leur manque un peu de fond, peut-être ? mais j’ai bien aimé quand même, pour l’écriture surtout, qu’ elle est riche et évocatrice ! Et la structure en boucle m’a fait sourire, bien joué monsieur l’écrivain !

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    1. Je me vends avec deux trois bémols quand même … Mais il m’a plu, c’est certain ! J’apprends, par les commentaires, qu’il a été très présent sur les blogs, alors, tu trouveras sûrement d’autres notes que la mienne !

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