Par amour, Valérie Tong Cuong

Le Havre, deux soeurs, Emeline, la sage, et Muguette, la plus fofolle, que l’avancée de l’armée allemande jette sur la route de l’exode avec leurs enfants. Leurs hommes sont sur le front, sans doute, à la guerre sûrement. On ne sait pas trop … Dans cette fuite, chaque personnage révèle rapidement son petit caractère et sa fonction dans le récit qui commence.

Emeline est la droiture, presque chef vendeuse au Printemps, elle a quitté cette place enviée pour devenir concierge d’une école, pour les valeurs de la république. Son mari tant aimé, Joffre, est campé sur les mêmes valeurs, de marin au long court, il est devenu cuisinier de cette même école, où ils vivent avec leurs deux enfants sages, Lucie et Jean.

Muguette aime vendre du luxe aux clientes du Printemps, elle aime rire, chanter, elle se balance sur sa chaise. Elle laisse ses enfants parler à table. Elle a épousé un homme, comme on épouse le vent qui passe. Elles sont cependant soudées, même si Emeline aime un peu plus son mari que ses enfants et croit que cela ne se voit pas. Muguette aime davantage ses enfants que son mari, mais elle ne le sait pas encore. Sa petite fille, Marline, si charmante, ne dit plus un mot depuis le début de la guerre, sauf que en réalité, ce n’est pas à cause de la guerre. Son grand frère, Joseph, est le débrouillard optimiste, le seul qui entend encore parfois sa soeur parler.

On commence à l’exode, et on finit à la libération en suivant le long calvaire de la ville du Havre, chacune personnage, ou presque, prend la parole pour évoquer les grandes étapes douloureuses de la vie de cette famille, de l’adaptation aux réalités de l’occupation, à l’incompréhension des choix personnels, à la stupéfaction sous les bombardements alliés.

Les personnages varient un peu, chacun se débrouille avec sa conscience, ment parfois pour protéger les plus faibles des réalités qui fracassent. Des erreurs sont faites, la droite Emeline elle même vacille. par amour, deux enfants, Marline et Joseph sont envoyés dans des familles d’accueil en Algérie et y découvrent une trouée d’air où Marline s’est engouffrée pour mieux respirer.

Si  le roman a un côté un peu guimauve et sent de loin de happy end, il n’est pas sans intérêt, d’abord à cause de cette histoire d’enfants que l’on mettait à l’abri au soleil, pour un an … Et aussi pour l’histoire de la ville, entièrement rasée, bombardée jusqu’au dernier jour, alors que Paris est libéré et la présence de l’armée allemande réduite à peau de chagrin.  D’après ce que j’ai lu ensuite, notamment sur un site mentionné dans la bibliographie, havrais-dire, le mystère demeure.

 

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12 commentaires sur “Par amour, Valérie Tong Cuong

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  1. Je suis entièrement d’accord avec ton billet. J’ai regretté le côté trop prévisible des personnages. Mais j’ai beaucoup appris sur l’horreur de la guerre au Havre.

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    1. L’auteure fait le job, un personnage pour un choix possible, face aux événements. Ils sont trop construits mais il y a quand même quelques échappées et je te rejoins, c’est surtout la ville du Havre qui retient l’attention, finalement.

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  2. J’avais rencontré l’auteure à la sortie de son livre et tout en étant proche du Havre, avec de la famille qui en parlait, j’ignorais cette histoire des enfants emmenés au soleil .. Le côté guimauve me freine un peu, mais je sais que je le lirai tôt ou tard.

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    1. Je vois régulièrement tes très belles photos de la côte, Aifelle …. Et le blog havrais lire, que j’ai longuement parcouru, m’a donné envie de découvrir cette ville. Ce qui serait un exploit pour moi, je ne franchis jamais la limite nord du mont saint Michel.
      Le côté guimauve est oubliable, il ne contamine pas tout le roman, quand même.

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  3. C’est vrai qu’avec un sujet comme ça, ce n’est pas facile de faire un roman qui ne soit pas trop oppressant, qui reste « optimiste ». L’aspect documentaire sur les bombardements ou les enfants placés est bien inséré dans le fil du roman. Je l’ai donc trouvé plutôt réussi, plus que ce à quoi je m’attendais.

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    1. J’allais finir mon tas de lectures de vacances quand j’ai lu ta note sur ce livre, je l’ai embarqué, après un dernier tour de librairie, pour être certaine de ne pas manquer. C’est vrai que par rapport à toi, je manque d’enthousiasme, mais plus à cause des personnages que du point de vue de l’intérêt historique. Et je me décide à aller jusqu’au Havre, je connais des copines qui vont se gausser !

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    1. Le site havrais-dire est une véritable mine de renseignements, je te le conseille vivement, il y a de quoi préparé une visite de la ville très complète, je pense. Même si je n’ai jamais mis les pieds au Havre …

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