Le fleuve des brumes, Valério Varesi

La vallée du Pô déborde. Toutes les  côtes d’alerte sont au rouge. Dans le petit club nautique, un cercle de vieux briscards ne s ‘en laisse pas compter par les alertes officielles. Les jeux de cartes et les petits verres sont un peu plus lents que d’ordinaire, on regarde beaucoup le rideau d’eau qui tombe dehors, fermant le regard jusqu’au quai. Ils en ont vu d’autres des inondations. Ce qui les intrigue surtout, c’est la lumière dans la cabine de la péniche de Tonna, qui s’allume et s’éteint sans logique, et pas de silhouette à l’intérieur. N’empêche que la lourde embarcation s’arrache quand même du quai, comme menée par un fantôme, un fantôme qui aurait drôlement bien manœuvré, en pleine tempête.

Le vieux Tonna, ils ne l’aiment pas, il a un passé lourd de chemise noire, ils étaient de l’autre côté, celui du parti qui résistait au fascisme. Ce qui fait que lorsque la péniche s’ égare, ils craignent plus pour les piles des ponts que pour celui qui est censé être à bord.
Dans la grande ville, il pleut aussi, beaucoup, aussi. Et en plus, il y a du brouillard. Et un autre Tonna, le Tonna des villes, est retrouvé disloqué, tombé ou jeté, d’une fenêtre de l’hôpital. Lui aussi avait porté la chemise noire, lui aussi était un solitaire, hantant les salles d’attente des services hospitaliers, comme son frère les rives du Pô.

L’enquêteur se réveille un peu confus, et se met à suivre les méandres d’un passé filandreux.

Je ne sais pas vraiment ce qui n’a pas fonctionné pour moi, dans ce polar, un peu de tout, je crois. Trop d’eau, de l’eau lente …. Comme le commissaire, aussi lent qu’une décrue, qui accumule les clichés de l’enquêteur somnolent, rétif à la hiérarchie, suivant les personnages à un rythme … lent …. Il a bien une maîtresse qui pourrait pimenter le corps de l’histoire. Seulement, elle est aussi agressive qu’il est glissant. Elle lui saute sur le poil pour des parties de jambes en l’air des plus sauvages en des lieux les plus divers.

Comme pour le reste, il tient plutôt de Maigret, ça fait flop. Sauf qu’au lieu du petit blanc, il boit du fortanina mousseux, c’est plus exotique, mais pas vraiment plus palpitant. Le fond de l’histoire resurgit du passé, enfin, surgir, pas vraiment, émerge lourdement, plutôt, et encore, brumes du passé obligent, le fond de l’affaire reste flou, avec des bouts de piste qui restent coincés en route.
A la fin du roman, la décrue est presque terminée, c’et déjà ça …

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5 commentaires sur “Le fleuve des brumes, Valério Varesi

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