L’été des quatre rois, Camille Pascal

Le roman met 642 pages à raconter la chute de Charles X et la confiscation de la République par les modérés qui allèrent chercher par la culotte Philippe d’Orléans pour éteindre le feu qu’ils avaient allumé (pour être claire et ne pas se gourer de Philippe d’Orléans, celui-ci est le cousin de la branche cadette des Bourbons, le fils de Philippe d’Orléans dit « le régicide », vu qu’il avait voté la mort de Louis XVI, le méchant, quoi). Ils en firent « le roi des français » et non « le roi de France », subtile supercherie qui n’engage à rien, et passionnant jeu de dupes.

642 pages pour raconter les événements successifs et atermoiements entre le dimanche 25 juillet 1830, le jour de la signature des ordonnances qui mirent le feu aux poudres des perruques, et les parisiens dans les rues de Paris, au lundi 16 août. ce jour qui vit, enfin, l’ex roi Charles X, qui n’en démord toujours pas, de ses ordonnances, quitter avec sa maigre cour, le rivage français pour voguer vers l’exil, définitif celui-là. Il va mettre du temps à prendre la porte, va falloir le pousser sec.

642 pages d’érudition et de détails politico politiciens absolument maîtrisés, mieux qu’un polar, vu que la fin, on la connait. Enfin, plus au moins, je ne sais pas vous, mais moi, la restauration, c’est terra incognita et même plus. la période manquant sérieusement de falbalas ou de people un peu marrants. Pas très glamour les vieux aristos revenus d’exil avec la poussière de l’Ancien Régime sur les perruques et le crucifix en bannière.

642 pages impossibles à résumer, donc, juste quelques remarques parfaitement subjectives et ponctuelles :

  • Le portrait de Chateaubriand en prétentieux inutile et vain, verbeux anachronique, orgueilleux gesticulateur, orateur boursouflé, metteur en scène de son propre ridicule et néfaste pour son propre camp. J’ai adoré ! persuadée d’avance que le grand homme était comme cela en vrai. Je remercie l’auteur de m’avoir, enfin, donné raison.  ( Bon, il épargne Victor Hugo, c’est dommage, mais on ne pas pas déboulonner Totor trop vite non plus, si il y a une suite, on ne sait jamais …)
  • Le long, très long périple de Charles X, entre le départ de Saint Cloud et Cherbourg, les étapes rytmées par l’inévitable messe, l’inamovible protocole, la dignité cireuse et sourde de ce roi déchu sans aucun panache, finit par rendre burlesque sa triste incompétence politique.
  •  Le tableau historique précis, fouillé, détaillé jusqu’au moindre bouton de manchette, et pourtant éclairant, des frilosités banquières et journalistiques, le brio des hasards qui firent la victoire de la modération face à la bouillonnante République. tellement bouillonnante qu’elle se voulait jeune et fière, tout en mettant à sa tête le Lafayette, ressurgit des brumes de sa gloire américaine, marionnette de la révolution qui se prenait pour un destin. La fatuité politique est des deux bords, même si la monarchie se prend quand même sérieusement les pieds dans le tapis.
  • Une lecture parfois déroutante vu que les noms des personnages m’évoquaient sans cesse des noms de rues, d’avenues … Thiers, Casimir Perrier, Marmont se désolidarisant de leur plaques, c’est troublant de lire un plan de ville qui prend vie ….

Bref, mis à part ce bémol, je me suis vraiment bien amusée pendant ces 642 pages. A réserver aux mordus de tour de passe historiques, quand même !

Et spéciale dédicace à miss sunalee !

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10 commentaires sur “L’été des quatre rois, Camille Pascal

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    1. J’adore le Moyen Age ! (enfin, en littérature, évidemment), je trouve que cette période est fascinante et sort peu à peu de l’ombre où nos chères lumières, ou avant les classiques, l’avait reléguée. C’est une période multiforme loin des clichés que les romantiques lui avaient collés. Et dans le genre people marrants, il y a le choix !

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    1. J’ai hésité à en rajouter une couche avec la fille de Marie Antoinette qui a vraiment un destin de m******* et l’autre écervelée de Barry qui saute partout, effectivement, elles auraient mérité une note à elles toutes seules !

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  1. alors moi je fais un blocage sur le passé en France (sans doute lié à une année de souffrance au lycée avec un prof d’histoire tyrannique…) du coup mon cerveau a tout effacé une fois le bac en poche, mais là ton billet me le vend tellement bien que je le note ! et comme toi, la Restauration…

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    1. Méfie toi quand même, si l’amnésie est vraiment totale !!! Enfin, la période est tellement peu étudiée que je n’en avais aucun souvenir précis non plus, alors que j’aime beaucoup l’histoire, enfin, les romans historiques plus précisément …

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  2. Merci pour la dédicace ! Par contre, je ne connais pas grand chose à l’histoire de France 😉 Je suis peut-être historienne mais aussi Belge, et donc la France n’était vraiment pas au coeur de mes études ! J’avoue donc que ce livre de 642 pages n’est pas une priorité pour moi.

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