L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard, Isabelle Duquesnoy

Victor Renard a des accointances avec Grenouille, le héros du Parfum de Suskin, en plus du nom qui le rattache à l’animalier. Comme lui, il est né dans les bas fond du Paris populaire. Un siècle plus tard, soit, mais c’est toujours le même ordre qui prévaut, les pauvres dans la boue sont menés par des instincts de survie pour s’en sortir. Sauf que Victor n’a pas eu la chance d’être abandonné par sa mère et qu’il n’a aucun don.

On le surnomme Victordu, à cause de la malformation de son cou, à croire que sa mère aurait voulu l’étrangler dès la naissance, et son seul talent est celui de souffre douleur. De sa mère, immonde, d’une méchanceté viscérale, d’une cupidité sans borne, ancrée dans sa crasse et sa stupidité, il ne reçoit que mépris. Heureusement pour Victor, son père est mort rapidement, elle reste donc la seule à lui taper dessus, mis à part les autres, évidemment. Du père, un seul héritage, découvert par hasard, et complètement tordu lui aussi, après une mort burlesque et glauque, assez prémonitoire, finalement, de ce que sera l’avenir de son fils.

De fil en aiguille, pour échapper à sa mère, Victor devient embaumeur, épaulé par le seul personnage qui lui voulait un peu de bien, il gravit quelques échelons sociaux qui lui permettent d’atteindre une forme de respectabilité, précaire et baroque, avant la chute, inscrite dès le départ dans le récit, qui se présente comme une audition devant les juges qui vont le condamner. Il y en aura huit avant la révélation du crime, et l’arme inédite du paternel défunt.

Victor est accusé mais ne se défend pas, il explique son errance dans le Paris des pauvres et des entourloupes, la dictature maternelle et ses fuites, son amour pour une Angélique, prostituée du Palais Royal qui se joue de lui, les vols de filous éclopés qui sortent une pacotille ou deux de la boue.

Les corps, même morts, sont des corps misérables, vendus, le cabinet de l’embaumeur est une antre grotesque, une caverne de curiosités dont les plus incongrues sont vendues à des peintres qui payent le prix fort pour des cœurs embaumés et séchés depuis des siècles. Cœurs royaux si possibles, et cœurs sensibles s’abstenir, ça déterre à tout va ! Le corps de Victor, malmené par sa mère est le jouet de Judith, sa vipérine femme, qui en fera ses choux gras. Seul son faible cœur palpite, encore et toujours pour la belle Angélique …

Pauvre Victor, rattrapé par sa piété amoureuse, jusqu’au bout tout ira de travers …

Dans l’ensemble, c’est plutôt drôle comme récit, mais aussi à force  quelque peu écœurant. tant de noirceur finit par déborder, même si la tonalité ironique fait passer le goût du fiel.

 

 

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8 commentaires sur “L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard, Isabelle Duquesnoy

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    1. Le côté historique est vraiment intéressant mais un peu survolé, j’ai trouvé. Disons que le propos est plutôt dans le mélange du noir … entre brun et sang, comme le disait Mumu, avec un peu de blanc quand même, parce que Victor, il est pas méchant, et que sa belle prostiyuée non plus, finalement !

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