Aveu de faiblesses, Frédéric Vignier

Yvan a seize ans, et il est laid, gros, naïf, un peu stupide, du moins c’est ce que tout le monde pense, dont lui et sa mère., ce qui n’empêche pas leur relation d’être fusionnelle, au contraire. Depuis sa naissance, sa mère est persuadée qu’une telle laideur ne peut que cacher un génie précoce. Ce dont Yvan doute, mais comme sa mère le veut, il entretient quand même un peu l’espoir d’une révélation, même tardive, ça lui irait.

En attendant, Yvan va au lycée, subit les moqueries et au retour, mange les créations de sa mère. Elle sculpte des animaux dans du beurre, ce qui explique le tour de taille du narrateur. Il engloutit des tartines, il faut bien faire passer la dizaine de mottes transformées chaque semaine en lapin, souris et chat. Seulement ces animaux là, avec une branche de déco du jardin pour faire joli. Par ailleurs, et toujours pour le plus grand malheur d’Yvan, elle est tyrosémiophile, c’est-à-dire qu’elle collectionne les étiquettes des boites de fromage, surtout les camemberts.

Tous les jours, en rentrant du lycée, où il suit un apprentissage de menuisier, Yvan passe devant le jardin des voisins de la cité ouvrière où jouent Bruno et son frère. Il encaisse les insultes au passage et rentre manger ses tartines et se faire couver par maman. Le père travaille à l’usine du coin, mange moins de tartines mais boit davantage et tient des propos haineux et racistes comme son fils avale l’amour de maman.

C’est pour cela que parfois, Yvan file à travers la zone industrielle infestée de rats et de puanteurs polluées pour fouiller dans les poubelles de l’usine, à la recherche des fameuses boites à fromage qu’il dépose comme un butin honteux sur la table de la cuisine. Or, un jour, il revient de l’expédition avec le pantalon déchiré, et justement, ce jour là, le corps mutilé du petit frère de Bruno est retrouvé dans le bourbier du terrain vague.

Un pieux mensonge, une vague culpabilité, une forme de honte et l’engrenage policier va fabriquer un coupable. L’auteur n’y va pas de main morte pour décrire les manipulations de faiblesses, il a même la main un peu lourde, mais bon, c’est pour la bonne cause … Coupable, forcément coupable, malmené, lâché même par maman, trompé par son avocat, Yvan accumule les erreurs, au point que l’on commence à soupçonner une entourloupe quelque part, vu que ce n’est quand même pas possible d’être aussi innocent et aussi couillon.

Des aveux en trompe l’œil avec des touches sociales assez acerbes.Un cynisme donc réjouissant dans l’ensemble.

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4 commentaires sur “Aveu de faiblesses, Frédéric Vignier

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