Mon désir le plus ardent, Pete Fromm

Maddy est jeune, belle bronzée, athlétique, indépendante aussi, sûre de ses choix, sûre d’elle même. Elle roule en pick-up quand elle ne descend pas la rivière qui cascade aux pieds du massif du Grand Teton du Wyoming. Elle évolue en eaux libres dans le milieu des guides, passionnés de rapides et de pêche. Alissa, son amie, drague à tout va, mais pas Maddy qui s’est cassée avec Troy. Plus âgé qu’elle et plus fiable que ces aventuriers du raft qui pagaient sans relâche et seulement dans le présent. Derrière un fut de bière, sans malice, lui apparaît Dalt, le type parfait de ceux qu’elle ne voulait pas. Mais le courant se fait très vite fusion. Tous les deux, parfaitement accordés, foncent dans une bulle d’amour, entente de leur corps, unis par le même amour de la rivière, de la vie, des enfants à venir, un même humour aussi, vache et tendre à la fois.

Maddy a un caractère bien trempé, Dalt lui donne le la, tout en tentant de prendre les rênes du raft. Il organise leur mariage, où pour le meilleur et pour le pire est remplacé par leur désir le plus ardent, serment plus conforme à leur vitalité. Ils croisent leur main dans la rivière et partent pour une lune de miel aussi atypique que pécheresse. On leur souhaite bon vent et le roman étant construit sur une série d’ellipse, lorsqu’on les retrouve, Maddy n’est pas encore enceinte mais elle est prise de vertiges et submergée par une fatigue qui la cloue sur les bords de la rivière. Ils ont monté leur entreprise de guides de rivières, leur histoire d’amour est belle, trop belle  pour voguer en eaux tranquilles.

Les deux premières pages avaient de toute façon donné les indices d’une situation dramatique : Maddy s’y peint en harpie, clouée dans un fauteuil roulant, poussée par Dalt. Face aux regards qui jugent et s’interrogent, la parole de Maddy, provocante et arrogante, avait déjà affirmé l’irrespect des convenances. Maddy ne sera pas une handicapée comme les autres et Dalt ne la lâchera pas.

Reste à l’histoire à dérouler les étapes de sa maladie et de sa déchéance, mais aussi, évidemment de sa force et de la force de leur amour qui va résister à toutes les dégradations corporelles, puis mentales. Maddy lutte avec véhémence contre la sclérose en plaque, elle a décidé de ne pas la laisser faire et durant de longues années, tente de rester fidèle à ce qu’elle était. Lucide, mordante, acro à Dalt, à leur amour, même si de temps en temps, elle abuse d’une patience qui semble infinie. Ils ont deux enfants, et sans pathos, se disputent, s’égratignent, continuent de ne pas grandir, de rester insolents face au drame, face à l’ordinaire de la maladie. Dalt, en mari parfait, anticipe, prévoit, protège d’elle même une Maddy, maalde intransigeante, iconoclaste et franchement insupportable.

Evidemment, un personnage de femme forte, un couple magnifique, sur le papier, c’est tentant. En fait, pour moi, la magie n’a pas vraiment fonctionné, Maddy en fait trop, l’auteur lui fait trop faire, trop dire de « trous du cul » et de « je vais tasser la terre sur ta tombe » à son prince charmant,et même si le roman est souvent drôle et très énergique, transformer un calvaire en défi magnifique et en ode à la vie, cela me laisse sceptique.

Ma première participation ! Pour le thème du jour, nature ….

 

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14 commentaires sur “Mon désir le plus ardent, Pete Fromm

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    1. Tiens, je pensais qu’il était considéré comme un must indispensable. En tout cas, c’est comme cela que me l’a présenté la très gentille jeune fille du stand de l’éditeur au festival Etonnants Voyageurs, alors que je lui disais mes réticences sur Indian Creek ….

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    1. La vulgarité, ma foi pourquoi pas, quand elle sonne juste avec le personnage, mais là, franchement, on a rapidement compris que la Maddy a du chien, pas la peine de le répéter sans arrêt !
      Indian Creek n’a rien a voir, je m’y suis aussi ennuyée, mais comme c’est un récit très nature writing et sans fiction, on ne peut pas vraiment comparer les deux.
      Tu aimeras peut-être ?

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  1. Oui il y a des termes qui peuvent choquer, oui ce sont des personnages assez « brutes de décoffrage » mais moi cela ne m’a pas choquée vu le contexte. J’ai trouvé l’histoire magnifique mais toute lecture est un ressenti. Pete Fromm je l’ai découvert avec Lucy in the sky, j’ai également beaucoup aimé Indian Creek et j’ai d’ailleurs sur mes étagères la suite 20 ans après : Le nom des Etoiles…. 🙂

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    1. Bon, ben moi, je crois que je vais arrêter là ! Ce ne sont pas les termes qui m’ont choquée, on lit pire, franchement, mais c’est le traitement du sujet de la maladie. tout le temps, je me disais que quelqu’un qui vit vraiment, dans la vraie vie, la sclérose en plaque ne pourrait pas partager le combat de Maddy, même si je me trompe sûrement. C’est un beau comabat, de fiction ….

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  2. Je n’ai pas aimé non plus les personnages, ce qui habituellement ne suffit pas à me faire abandonner un roman, mais le thème de la maladie, et du couple plus fort que tout, ne m’a pas donné envie de poursuivre…
    Pour Vona : rien à voir avec Indian Creek qui est un récit tout à fait passionnant. Et il semblerait que son dernier roman soit meilleur…

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    1. Je suis entièrement d’accord avec toi Katel ! La maladie, plus le couple plus fort que que tout, ça fait trop de plus fort que tout … Pour Indian Creek, rien à voir, effectivement mais la surveillance des saumons, moi, je ne suis pas contre, mais bon, ce n’est pas non plus ma tasse de thé …. Inutile de préciser que même si le dernier est meilleur,je vais passer mon tour ^-^

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    1. Je me demande pourquoi j’ai persisté sur trois titres, le saumon dans Indian Creek, le base ball dans comment tout a commencé et la sclérose en plaque dans celui-ci. Le saumon et le base ball, je m’en carre complet, et j’ai horreur de lire des livres des livres sur la maladie, n’importe quelle maladie. Je suis persuadée que je vais l’avoir. Et surtout ici, j’ai trouvé que l’optimisme forcené des personnages sonnait faux.
      Mystère de la conviction des libraires ….

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