Asta, Jonkalman Stefansson

Nina Simone

Durant toute sa vie sinueuse, Asta a voulu être heureuse. Elle a tenté de trouver son point d’équilibre. C’est l’histoire d’une femme qui n’a pas vu le temps passer et qui n’a peut-être, pas encore tout perdu …

Asta écrit des lettres à son amour qui est parti, lassé de ses fredaines, de ses excès. Seule dans son appartement, elle lui dit ses regrets, promet la tempérance, lui murmure les bruits qui l’entoure : la joie du couple voisin qui couche les enfants. Elle lui raconte sa peine en écoutant  la voix de Nina Simone chanter la sienne.  Asta est âgée, mais elle supplie son amant.

Quelques pages plus tard, un écrivain regarde la mer depuis la rive du Strönd. Il a quitté sa vie ordinaire et a loué pour une durée indéterminée dans ce hameau perdu, un refuge de pierre. Solitaire, il s’amuse du spectacle des touristes venus chercher là la sauvagerie exotique dans ce bout du monde de l’Islande. Plus tard, on apprendra que Asta y a connu l’exil, le vent, le froid, le travail des champs, la vieillesse d’une femme dont la tête se réfugiait dans un passé douloureux, l’amour d’un fils pour cette mère perdue.

Pour l’instant, on se laisse bercer par ces deux voix, qui ne répondent peut-être pas.

Une troisième voix les englobe, celle de Sigvaldi qui vient de tomber de l’échelle, et sur un trottoir agonise en racontant son histoire, celle de sa femme Helga, de sa fille, Asta. Helga a 19 ans, elle est belle, très belle, amoureuse et pour sa fille, elle a choisi le prénom d’Asta parce que ast signifie amour en islandais. Et puis, c’est la prénom d’une héroïne d’un roman, si beau que les deux amoureux ont pleuré à la fin, sans réaliser qu’ils pleuraient sur le sacrifice d’une jeune fille qui se meurt d’amour. Après, la naissance de la deuxième fille du couple, Helga se prend pour Elizabeth Taylor, et c’est terminé de la romance.

Le parcours chaotique d’Asta a commencé là. Intègre, révoltée,  elle aime à rebours, à contre temps, les belles personnes croisent sa route, sa nourrice, puis Joseph, puis d’autres. Elle mène sa route en dehors des sentiers battus de l’Islande, en part, y revient. Asta écrit, son père raconte, en une poétique épopée, les circonvolutions et les défaites.

De bien jolies voix malgré une lenteur poétique, soit, mais une lenteur quand même.

12 commentaires sur “Asta, Jonkalman Stefansson

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  1. Bah mince, mon commentaire laissé hier n’apparaît pas… je disais juste que j’ai un a priori positif sur ce titre, même les bémols évoqués à son sujet me tentent… je viens de profiter de sa sortie poche pour l’acheter.

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    1. Il est peut-être un peu loin de ton univers, mais tant que cela en fait, en y réfléchissant. Il est loin du mien aussi, aussi, et pourtant, j’ai beaucoup aimé me balader dans ce monde de rêves d’amour, pas glamour du tout .

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    1. Je n’ai pas terminé sa fameuse trilogie, je n’ai pas lu le dernier. Je crois que j’avais un peu ma dose de tragédie lente dans la neige. Ce titre coule plus je trouve, il est plus ancré dans un certain réel, et il y a des lenteurs, mais pas de longueurs, j’ai trouvé.

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    1. Je n’ai pas adoré, ce n’est pas un coup de coeur (mais il m’en faut beaucoup !) mais j’ai apprécié cet univers, son ambiguïté et son côté décalé. Et puis, un peu de lenteur ne nuit point ….

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