Monteperdido, Augustin Martinez

Le paradoxe de ce polar qui se déroule dans les hautes montagnes pyrénéennes, côté espagnol, dans un petit village accroché aux pentes forestières, est qu’il manque sérieusement de relief.

Il commence pourtant par un roulement fracassant : cinq ans après la disparition de deux filettes du village, enlevées à onze ans par un inconnu qui n’a laissé aucune trace, une d’entre elle réapparaît, sonnée, mais vivante.

Ana est extirpée d’une voiture qui a glissé au fond d’un ravin. Le conducteur est mort sur le coup, et son amie, Lucia n’est pas dans l’habitacle. L’enquête est rouverte par deux policiers qui viennent de Madrid pour prendre les rênes. Etrangers au terrain, ils comptent bien secouer les autochtones. En effet, si seul le père d’Ana a été le seul suspect inquiété cinq ans auparavant, les nouveaux enquêteurs en sont persuadés, le village cache le vrai coupable, peut-être sans le savoir, mais il est tout prêt. Lucia n’est pas loin, et il y a urgence car Ana libre, elle va donner des indices.

Ben que nenni…. L’urgence se noie rapidement dans les méandres psychologiques des uns et des autres, et surtout dans ceux de l’inspectrice, Sara. Heureusement qu’elle n’existe pas en vrai, parce que les coupables auraient largement le temps de déménager leur victime à l’autre bout de l’Espagne, tranquillous en plus.

Depuis le temps que je lis des polars, je connais les incontournables du genre thriller, tu multiplies les pistes, tu traques, tu creuses avec les dents …. Ben, elle, non. Elle se regarde le nombril de son enfance de petite fille malheureuse, et pendant ce temps là, les indices filent ailleurs (mais où, je ne sais pas …) A chaque fois qu’elle tombe sur un truc gros comme un coupable, ça fait pschitttt …. Au lieu d’en être relancé, le récit refait une boucle (très larges les boucles, à cause des inondations, de la montagne, de la route et tout ça tout ça … ) pour retomber dans un cul de sac. C’est lassant à force.

Seuls rescapés du roman, les personnages des parents des deux jeunes filles, aux réactions disparates, parfois égoïstes et incongrues, et qui sonnent plus justes du coup, que les incompréhensibles silences que l’enquête n’arrive pas à faire parler.

 

5 commentaires sur “Monteperdido, Augustin Martinez

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