Protocole gouvernante, Guillaume Lavenant

Le protocole est au futur et s’adresse à une jeune femme, dont on ne sait rien. Elle doit suivre les indications rédigées dans ce mode d’emploi étrange à la lettre,  et poursuit un but mystérieux qui passe par la déstabilisation du couple qui l’engage pour s’occuper de leur petite fille, à domicile. Le couple est débordé par un quotidien soporifique. il joue un squash le jeudi soir, travaille dans l’industrie du luxe, rêve d’une maison en Italie. Il s’endort avec elle tous les soirs, en pyjama. Elle achète des plats surgelés en rentrant du travail qu’elle poursuit dans la cuisine à coups de textos. Le jeudi soir, elle s’installe devant l’écran pour suivre, fascinée par l’héroïne, une série dont on suit quelques résumés, assez convenus. Mais elle, l’héroïne est son modèle, son mantra, sa drogue. Le salon, la maison, le quartier, tout est aussi vide de sens.

La gouvernante entame un travail de sape. Tout d’abord en mettant dans les mains de la petite fille, Héléna, un livre qui déploie d’étranges images, des volutes et des noirs crayonnés où se dévoilent une clairière, des cabanes, des animaux, des lumières, des enfants. Le protocole veut que l’enfant adhère au rêve du livre, dont on ne sait s’il n’est pas cauchemar.

La gouvernante s’insinue aussi entre elle et lui, entre eux et leur maison si parfaite, leur voisins aussi lisses que  les lames du faux parquet qui commence à gondoler. Elle prépare un thé, partage un sourire, l’atmosphère se remplit de tensions assourdies, il et elle dérapent. Le plan, dont on ne sait rien, semble suivre son cours, des complices s’esquissent, s’introduisent auprès de l’école, puis de plus en plus plus prêt. La gouvernante trace une marque, un un à l’envers sur le cuir de la voiture …

La forme de ce roman peut retenir l’attention, ce long monologue au futur directif a quelque chose d’assez fascinant dans son déroulé sans faille, l’atmosphère glacée vire à la débandade des pulsions, ce qui est assez drôle, mais, ma foi, le propos général du livre m’a échappée, et je devient de plus en hermétique à la tendance dystopique.

 

22 commentaires sur “Protocole gouvernante, Guillaume Lavenant

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    1. Pas trop compris non plus l’intérêt de la série non plus, peut-être nous montrer que le personnage a secrètement des dérapages qu’elle ne peut exprimer et que l’héroïne de la série est son double fantasmé ? Ce n’est pas clair, mais je n’ai pas zappé, j’ai trouvé que ces épisodes contribuaient finalement à l’atmosphère déliquescente ce ce roman, qui a quelque chose d’attirant finalement.

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    1. C’est une lecture non pas exigeante, mais en décalage. Les trois premières pages, je me suis dit que je n’accrocherais pas, et puis, si presque … Sauf la fin où je suis repartie en interrogation, mais je ne regrette pas, il y a quelque chose dans ce roman de singulier.

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    1. Mais finalement, il y a une certaine force de la forme, non, tu ne trouves pas ? Ce discours qui qui est adressé à une inconnue, qui elle sait ce qu’elle fait, et pourquoi elle le fait, alors que nous non. Le tu m’a agacé au départ, et puis il l rentre dans une sorte de logique de la programmation et de la manipulation. Mais bon, pourquoi cette manipulation ? Le sens de la fin ?
      J’ai hâte de lire ton billet pour voir ce que tu en dis.

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    1. Je ne pensais pas non plus adhérer, et puis, tu sens une forme de logique, ce qui est annoncé est tenu, c’est un protocole à suivre. Rien à voir avec le tu de Butor dans La modification qui est là pour te mettre dans le personnage, là, le tu s’adresse au personnage, le lecteur reste en dehors. C’est une posture inhabituelle.

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  1. Je me demandais justement ce qu’il y avait à en attendre, au-delà de cette forme qui, personnellement, me séduit …
    Cela dit, c’est un roman que j’aurais aimé lire, mais pas au point de l’acheter (et je ne le trouverai pas dans ma petite bibliothèque locale).

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    1. Offert par le père Noël ! Et il pourrait te plaire …. Quant à ce qu’il y a à en attendre, ma foi, je ne sais pas trop, mais sûrement pas une morale claire, comme dans certaines dystopies ( ce pourquoi, ce genre m’agace souvent)

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    1. C’est la fin qui l’est, une sorte de programmation pour un nouveau monde, mais je ne voulais pas en dire trop, d’abord parce que je n’ai pas tout compris, et qu’il y a quand même dans ce roman une montée en puissance qui est prenante ( même si j’ai eu du mal à adhérer complètement)

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