Le gardien des choses perdues, Ruth Hogan

Laura a une vie d’une banalité confondante, elle vit seule, dans un petit appartement, à moitié déprimée, sans aucune confiance en elle, un passé qui la plombe et pas vraiment de projets d’avenir non plus. Divorcée d’un amour de jeunesse, Vince, qu’elle a épousé on ne sait trop pourquoi, elle a laissé tomber des études prometteuses, et se maintient plus ou moins à flot.

Son refuge est le royaume d’ Anthony, Padua. Il n’y a que dans cette maison à napperons qu’elle se sent chez elle. Elle a été engagée pour l’entretenir. Son propriétaire, Anthony Peardew est maintenant un vieil homme fatigué qui n’aspire plus qu’à rejoindre sa bien aimée dont la présence rôde toujours dans la chambre qu’ils ont partagée sous la forme d’un parfum de rose persistant. La bien aimée est morte tragiquement, subitement, ils ne se sont jamais mariés, et Anthony vit avec cet amour depuis bien longtemps.

A cause d’un médaillon qu’elle lui avait confié, une image de Sainte Thérése entourée de roses, et qu’il a perdu, alors que c’était un pacte d’union, la quête d’Anthony pendant toutes ces années  sans elle, a été de répertorier toutes les choses perdues qu’il a pu trouver lors de ses promenades, dans l’espoir qu’un jour, le propriétaire pourrait le retrouver et peut-être réparer une perte, un oubli, un regret. Dans son bureau s’entassent des bouts de rien, une pièce de puzzle, une barrette à fleurs, un parapluie…..  Avant de décider de disparaître, Anthony était écrivain, et c’est à partir de ces objets qu’il inventait des nouvelles, d’abord roses, puis, selon son éditeur de plus en plus glauques et sinistres.

Le dernier objet qu’Anthony a rapporté chez lui est une boîte de gâteaux oubliée dans le train de 14.42 qui s’est arrêté à Londres et qu’Anthony a sauvé d’une dispersion incongrue car il semblerait qu’elle contienne des cendres humaines.

Tout cela va finir par avoir un rapport avec Laura, mais avant le happy end, il va falloir au lecteur beaucoup de bonne volonté et de candeur pour s’accrocher aux wagons des hasards qui arrivent à l’heure. Et beaucoup d’angélisme aussi pour adhérer à la communauté de Padua, où Laura se reconstitue une nouvelle vie avec Anthony, le beau jardinier acoquiné avec une blonde d’une vulgarité épaisse mais qui cite Jackson Pollock, et Sunshine, une petite fille au langage singulier, atteinte d’une trisomie ou d’une forme d’autisme mystique, on ne sait pas, le livre n’aime pas les gros mots, les mots qui pourraient rompre le charme mièvre de relations humaines très fabriquées pour sonner à la porte du destin juste à temps, mais pas trop.

Il y a beaucoup de roses dans ce roman, donc, j’adore les roses, mais j’ai du mal avec les chiens, et c’est un roman où il y a beaucoup de chien aussi, de préférence perdus et recueillis, blessés et soignés. Il y a beaucoup de choux à la crème, un chouya trop de prince charmant, d’amour éternel, d’amitié éternelle aussi, de fantôme de » dame aux fleurs » (même si ses caprices animent le quotidien de Padua). Le roman s’étiole souvent dans une guimauve très sinueuse, très très sinueuse pour raccorder tous les morceaux des choux. C’est un peu comme un bouquet de gardénia sans épines, c’est joli, en tout cas, ça ne se garde pas longtemps.

 

16 commentaires sur “Le gardien des choses perdues, Ruth Hogan

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    1. Trop de choux à la crème écœure … même avec un très bon thé ! Le thème de la collection des choses perdues me plaisait bien pourtant, mais en fait, il n’y a aucune profondeur dans cette évocation des liens entre le hasard, le passé et le parcours des personnages.

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    1. J’aurais dû te lire avant de me laisser tenter par le thème car dans ton billet, on voit bien qu’il y a plus de douceurs que de profondeurs sur le thème des objets, et c’est drôle car nous avons pas mal d’expressions et de comparaisons en commun !

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      1. Bah mince alors ! Il y aura un peu de tout dans mes billets à venir, hormis le gros coup de cœur pour le Tokarczuk… Du mitigé, du bon… mais presque tout du côté de l’Est, comme participations à l’activité organisée par Goran, Patrice et Eva..

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      2. Pour modérer quand même ma série de déceptions, je vais tenter de rédiger rapidement quelques billets en retard sur des titres qui m’ont plu, sonon ce blog va devenir le bureau des pleurs ….
        Sinon, oui, j’ai vu le coup de projecteur donné sur les littératures de l’est. J’aimerais bien y participer aussi, je n’ai pas grand chose sous le coude par contre …

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    1. Oui, mauvais choix, je sais que certain(e)s blogueuses ‘blogueurs aussi, mais moins …) ne commentent pas leurs déceptions, moi si, parce que j’aime bien pouvoir écarter de ma PAL certains titres, qui à priori, me tentent. Ce fut le cas pour celui-ci ….

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