Le rouge vif de la rhubarbe, Audor Ava Olafsdottir

Pink Flamingo postage stamp

Augusta a sûrement été conçue dans le champ de rhubarbe du haut du village durant l’un des quatre jours, où son père, un marin de passage, s’est attardé sur l’île au bras de la jeune fille passionnée d’oiseaux qu’était sa mère. Elle aussi s’est d’ailleurs envolée de la petite communauté qui vit de ses rituels et du passage des saisons, sans à coups.

De lui, Augusta ne sait rien, et d’elle, la jeune fille reçoit des lettres, irrégulières mais affectueuses et attentives. Elle parle à sa fille d’horizons désertiques, de chaleur tropicale, d’un autre amour et aussi de son amour pour elle, Augusta, restée sur les froids rivages, pour Nina, la veille dame qui prend soin de sa fille.

La maison de Nina est violette, Augusta dort dans la chambre de la tour dont la fenêtre donne sur la montagne, une montagne familière dont Augusta rêve de gravir les pentes à la seule force de ses bras et de ses béquilles, puisque ses jambes, telle la queue d’une sirène maladroite, traînent derrière elle. Le monde du village est rassurant, chaleureux et parfumé selon les saisons, d’une activité culinaire, ou ménagère. Toutes les femmes confectionnent en même temps des confitures, étendent leurs draps au vent d’automne, allument les lampions. Vernandur, l’homme de toutes les situations, fait rentrer l’électroménager dans le salon de Nina, confectionne des abats jour de couleur vives, passe de la femme du voisin à la nouvelle chef de choeur. Entre l’ange gardien et l’ami fidèle, il est l’autre point d’ancrage d’Augusta.

L’année passe, scandée par les lettres timbrées de flamants roses, de bocaux de fruits au sirop, de crème fouettée, de congères et de représentation théâtrale mobilisant, pour la première fois, tellement d’acteurs qu’on l’on pourrait craindre qu’on  ne finisse par manquer de public.

Augustina, fait des montagnes de mots, règle ses comptes avec dieu, attend le printemps, la montée  qu’elle s’est promise, sur la montagne toute proche, vue de la fenêtre de sa chambre. Son monde a la douceur d’une friandise qui fond sous la langue, sans que l’on sache vraiment pourquoi, d’ailleurs, mais on s’y laisse facilement bercér.

Un roman aux personnages attachants, à l’atmosphère apaisante.

13 commentaires sur “Le rouge vif de la rhubarbe, Audor Ava Olafsdottir

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    1. Je l’ai trouvé très doux et tranquille, un mode clos et rassurant, c’est aussi un titre que j’ai lu pendant le confinement ( et oui, mes publications ne sont pas à jour !). Un jour, les sociologues sûrement écriront sur l’effet que cette épisode a eu sur notre perception de ce que nous avons vu et lu pendant cette période. Par exemple, moi, je ne peux plus lire de romans avec épidémie dedans …. Rien d’étonnant, tu me diras !

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  1. Avec cette autrice je me sens chez moi des que j’ouvre un de ses romans. C’est une sensation indescriptible et super agréable.

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    1. Je ne ressens pas ce cocon avec cette auteure, que j’ai très peu lue, d’ailleurs. Mais je comprends ton impression, j’ai la même avec d’autres, mes chouchous … Je crois que j’aime mieux d’ailleurs quand ça gratte un peu plus pour me sentir « chez moi » .

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    1. Je n’ai lu que le premier titre de cette auteure, j’avais bien aimé, mais sans continuer à la lire. Il me manquait un quelque chose pour vraiment adhérer. J’ai quand même bien aimé celui-ci, qui glisse tranquille, mais franchement, je ne sais pas où il va vraiment.

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