El ultimo lector, David Toscana

Il y a des millénaires, le village d’Icamole était le fond d’un océan. On peut encore y trouver des nautiles, entre les figuiers de Barbarie qui remplacent les algues qui se balançaient au gré des courants sous marins. Aujourd’hui, par contre, Icamole est complétement à sec, au point que c’est de Vila de Garcia, la bourgade voisine, que l’eau est acheminée, dans des bidons charrettés par les mules de Melquisedec, par ordre du gouverneur, la preuve que le village n’est pas encore complétement oublié des autorités.

Tous les puits sont à sec, sauf celui de Remiglio où il devrait rester 50 centimètres d’eau saumâtre, assez pour se laver et arroser l’avocatier. Et Remiglio tire une très grande fierté de sa propreté et tient beaucoup à ses avocats, à la peau si douce que parfois, il en glisse dans son lit. Sauf que, ce matin là, le seau bute dans sa descente sur un obstacle, le corps d’une petite fille, si fraîche, même dans la mort, qu’elle ne peut pas être du village. Remiglio tente alors d’aller chercher de l’aide auprès de son père, le bibliothécaire du village, Lucio. Et ce n’est pas vraiment la meilleure idée qui soit, car à partir du moment où Lucio s’en mêle, l’enquête prend un tournant des plus loufoques. Lucio a une façon singulière d’appréhender la réalité, il la lit dans les livres, dont il est le seul lecteur, les habitants du village ayant décrété que les livres n’ayant rien à voir avec la réalité, ils ne valent pas la peine de les sortir des rayonnages où Lucio les range. Depuis des années, le seul lecteur ouvre des caisses d’ouvrages et opère un tri sans concession, jetant dans son « enfer » ceux qui ne correspondent pas à ses critères moraux. Sont ainsi marqués du tampon censuré, les livres évoquant une activité mondaine, une activité commerciale, une rupture sentimentale, une vacuité explicative.

La disparition de la jeune fille, la recherche de son meurtrier ont des allures fantasques et littéraires, et si quelques représentants de l’ordre policiers font leur apparition, il n’est pas certain que les indications de Lucio ne les mènent quelque part ailleurs que dans son imagination.

Le récit, très cocasse au départ, mêle sans marques particulières les lectures de Lucio, ses commentaires littéraires atypiques, les déboires de Remiglio et de son encombrant cadavre, l’effet est un peu déstabilisant au départ, mais on s’y fait rapidement et si on n’est pas certain de tenir le bon meurtrier, en tout cas, on peut se laisser prendre à la conduite d’une intrigue plus littéraire et sentimentale qu’il n’y paraît, se laissant lire comme un  jeu virtuose sur la littérature et le deuil.

Une participation au mois latino américain d’Ingannmic et Goran

 

 

13 commentaires sur “El ultimo lector, David Toscana

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    1. C’est un peu barré, c’est vrai mais la mort de la petite fille est une mort, disons, très littéraire … Il n’y a rien de glauque. Le glissement du cocasse vers la solitude du deuil se fait du manière douce, et finalement, tendre, même.

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