Moi les hommes, je les déteste, Pauline Harmange

mug15oz-whi-z1-t-male-tearsAvec un titre aussi provocateur et radical, je m’attendais à un essai ironique, mordant, d’un féminisme caustique, j’étais prête à toutes les fulgurances remue méninges.

Et ben en fait, je n’ai pas ri, même pas souri, même pas grincé des dents, je me suis pincée de temps en temps en pouffant jaune. Cette harangue pro misandrie m’a juste agacée par une forme de radicalité qui sonne faux,  une posture théorique sans propositions si ce n’est quelques généralités du type  » s’autoriser à vivre le célibat comme une expérience comme une autre … » Ben voyons … Suffit de  dire le Mantra magique …

La seule porte de sortie de l’oppression masculine, selon l’auteure (mis à part l’ autoconviction)  est de vivre sa sororité comme une position anti mec. L’attaque est défensive, on se protège entre soeurs, on fait une muraille entre nous, on se met en pyjama et on raconte notre féminité dans de joyeux moments de  » réunions féministes en non mixité », J’imagine déjà la tête des mecs de mes copines terrorisés à l’idée que nos virées entre filles pour boire des coups pourraient virer à l’émeute une fois la bouteille de vin blanc terminée. Parce que attention ! ces « moments où nos espaces féminins » nous permettent d’être « superficielles », sont en fait des  » des espaces temps au coeur desquels nous ne servons pas les intérêts des hommes » d’où vont surgir des « actes forts » …  Tremblez les mecs …. Un club de tricot peut cacher de sombres desseins ! J’exagère à peine le propos, il est bien question de club de tricot et même de réunions Tupperware. Mais l’exemple qui m’a fait le plus rire est celui du conseil de la bouteille de lait.

Si vous êtes en couple ( comprendre, si vous n’avez pas pu faire autrement qu’être en couple …) il ne faut plus que vous ravaliez votre indignation lorsque votre homme, cet être qui ne cherche qu’à vous contrarier, ne range toujours pas la bouteille de lait dans le frigidaire, alors que cela fait quinze fois que vous lui dites de le faire. Non, montrez la lui  votre indignation ! En lui hurlant dessus ? En rangeant vous même cette satanée bouteille dans la porte idoine ? En versant doucement le lait sur le sol de la cuisine, genre torture chinoise ? L’auteure ne donne pas la solution …

Comment être insensible à tant de présupposés et de clichés : l’homme est forcément le gars qui ne range pas correctement le lait ( l’auteure ne parle pas des chaussettes, des caleçons ou autres désordres insupportables causés par l’atavisme masculin)   et la femme a comme principe que le lait se range dans le frigo, quitte à harceler son conjoint bordélique pour obtenir le résultat souhaité par des millénaires de ménagères, du lait froid.

Le froid qui pourrait me glacer le dos d’ailleurs à l’idée que la seule solution pour le féminisme serait la haine, le rejet, la coupure avec l’autre, et la sororité radicale contre ces tocards d' »hommes cisgenres, socialisés comme tels, et jouissant de leurs privilèges sans les remettre en question ». Nul doute que ces hommes existent, nul doute que la charge mentale d’être une femme ne nous autorise pas encore une place sociale complétement satisfaisante, nul doute qu’il faille parfois passer par l’excès pour trouver l’équilibre, mais que la sororité soit une identité suffisante est une réduction caricaturale, limitée, qui plus est à celles qui peuvent avoir le loisir de se l’accorder.

17 commentaires sur “Moi les hommes, je les déteste, Pauline Harmange

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    1. Le texte est très court, mais on a quand même le temps de comprendre qu’on n’ira, effectivement, pas très loin dans la réflexion. Le propos est simpliste sous des grands airs de féminisme radical.

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    1. Un peu énervée, oui … Je ne suis clairement pas la cible de ce type de posture que je trouve très hypocrite. La dame qui l’a écrit ne doit pas fréquenter les mêmes classes sociales que moi.

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  1. C’est tellement stupide ce genre de livres àla mode. Il y a il est vrai, des combats très importants pour les femmes, contre les violences par exemple. Mais aussi une évolution pour mieux vivre ensemble hommes et femmes dans le respect de chacun.

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    1. Il a connu son petit succès sous couvert de menace de censure, je crois. C’est ce qui est indiqué en tout cas dans le quatrième. Franchement, c’est de la provocation qui sonne creux, il vaut mieux se tourner vers des propositions plus constructives !

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    1. J’aime bien aller me frotter de temps en temps à des textes en dehors de ma sphère … Avec le risque de ne pas adhérer du tout, ce qui est le cas pour cette fois çi, mais j’ai eu de belles surprises, comme avec Le consentement de Vanessa Springora. Lecture qui m’a vraiment marquée.

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