Avant les diamants, Dominique Maisons

vf_marilyn_monroe_slider_3592 » Que faisais-tu avant d’avoir ces diamants ? – Je les voulais. » Ces deux répliques, extraites du film « Casbah » de 1938 servent d’exergue au roman et conviennent parfaitement au premier personnage qui y prend place. Moffat, producteur de films de série Z, n’a aucun scrupule et veut les diamants du firmament d’Hollywood. Sa seule planche de salut, c’est un dernier western. La planche est pourrie, le genre n’a plus le vent en poupe et le seul acteur qui accepte encore de tourner pour Moffat est le fantôme de celui qui connut quelques heures de gloire sous le surnom de Wild Jonny Savage, l’acteur est drogué, en fin de vie et n’a plus rien de technicolor.

Le cinéma est encore sous l’emprise du maccarthisme et de l’hégémonie des grands studios qui, en cheville avec la mafia, inondent les salles de rêves de paillettes. C’est aussi l’époque, où, en pleine guerre froide, l’état américain a besoin d’images scintillantes de patriotisme, de héros aux cœurs purs au service d’une idéologie romancée et glamour, garante du bien et rempart contre le mal. Mais il ne faut quand même pas que cela se voit trop … Les grands studios ne sont pas fiables pour ce genre de projet, ils se prennent pour des dieux et contournent déjà trop le Code Hays. Il faut de nouveaux producteurs, des méchants, avec les dents longues, qui n’auront aucun scrupule à mettre en pellicule les expériences de la CIA sur les manipulations mentales possibles en jouant de l’hédonisme et du goût du public pour la consommation.

Le major Chance Buckman écope de la mission de recrutement du candidat idéal. Jusque là, il veillait mollement à l’application du code par les grands studios. Comme eux, il est le vice sous la vertu. Joueur compulsif, criblé de dettes, on lui met le contrat entre les deux yeux en l’affublant par dessus le marché d’une partenaire ange gardien dont la silhouette pourrait faire concurrence à celle de Marilyn. Le père Starace, quant à lui, est un dirigeant bien connu de la puissante ligue de vertu catholique qui a les yeux braqués sur l’immoral Hollywood. Il connait toutes les activités occultes de Las Vegas. Les mafieux, poussés par leurs épouses restées italiennes, font de généreux dons à son église. Il les utilise d’ailleurs à bon escient, presque incorruptible si il n’avait un penchant secret pour un jeune homme à la peau lisse, immigré clandestin qui lui aussi rêve d’étoiles.

En une cinquantaine de pages, le décor est planté, on boit au bord des piscines des Atomic cocktail, les tabliers des serveuses s’ornent de champignons atomiques rose bonbon, l’ombre des stars en noir et blanc plane, la candeur des starlettes est jetée aux orties, le roman tient un décor de rêve pour polar à la Hammet. Et puis, malgré la richesse de la documentation, le récit s’effiloche : les fêtes sans limites d’un Flynn ne sonnent pas juste, il ne suffit pas de plaquer sexe et drogue pour faire dans le cynisme, les personnages restent ras plat plat, ils s’agitent, sans profondeur, comme une surimpression dont on verrait les raccords. Les scènes de violence et torture sont souvent gratuites, à l’image de la fin, à la Tarantino soit, mais pour moi, le feu d’artifice a fait pschitt ….

Challenge petit bac, première ligne catégorie objet

Petit bac 2022

6 commentaires sur “Avant les diamants, Dominique Maisons

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