Dalida en Egypte, Jacqueline Jondot

bef511b1e8d6ae9344733d6fa19d8089Une chanteuse au charme kitch, au destin de trémolos, qui a finalement quelque chose de touchant, au delà des chansons sirupeuses et des robes à paillettes … Ce petit livre qui lui est consacré, ou plutôt qui est consacrée à ses premières années d’enfance et de jeune fille en Egypte, est surtout attachant à cause des photos qui dessinent un monde en sépia. Un monde  d’anonymes  et les rêves d’une adolescente, issue d’une famille modeste, catholique à l’italienne dans l’Égypte de Nasser, sont évoqués à travers photos de famille, coupures de presse relatant ses premiers succès, publicités d’époque et traces du tournage du Sixième jour. Des années parisiennes, des drames qui jalonnent sa carrière, il n’en est pas question. 

Une nostalgie flotte dans le court récit qui illustre, plutôt que l’inverse, les illustrations. Il est bien sûr question des grands parents qui se sont exilés de leur Calabre pour trouver une place au soleil sous le régime colonial, dans le quartier cosmopolite de Choubra, petit morceau du Caire où se côtoyaient Italiens, Grecs, Arméniens. De cette époque et de ces lieux, sont exhumées des cartes postales, mises en page auprès de photos contemporaines : aux allées plantées d’arbres, au grand boulevard bordé d’immeubles à trois étages avec du linge aux fenêtres, le présent répond par un scooter poussiéreux abandonné entre deux sacs de sable de chantier, seule trace du passé italien qui tombe en poussière. 

Le deux temps se superposent ainsi, avec le fil conducteur de Dalida, encore Iolanda Gigliotti, qui pose en robe de communiante ou entre ses parents et frères, affublée de lunettes énormes dont on devine les verres épais. Puis, c’est la gloire des spectacles de fin d’année, déesse Isis de carton pâte, jouant les premiers rôles des mélodrames divers d’inspiration pharaoniques et bibliques. La silhouette se découpe en vamp, copie conforme des poses de stars hollywoodiennes. Les maillots des miss ont des motifs léopards, la culotte se porte encore bien haute, le soutien gorge est renforcé, les robes lamées moulent les hanches … 

L’histoire de « la petite italienne qui a réussi à Paris » est racontée en français, italien, anglais et arabe, rajoutant à cet objet livre le charme d’un lieu et d’un temps polyglotte. Dalida ou pas, les histoires de traces et d’espaces, c’est mon truc en plumes à moi … 

4 commentaires sur “Dalida en Egypte, Jacqueline Jondot

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  1. Evidemment, quand elle chantait dans la télévision de mon enfance, je poussais des soupirs exaspérés, mais à travers ces images, on touche les rêves d’une toute jeune fille. J’ai bien aimé découvrir ce petit bout de destin.

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    1. Les illustrations, qui font tout l’intérêt de cette petite biographie, montrent une jeune adolescente pleine de rêves, c’est très touchant ! Dans les dernières pages, on voit aussi l’exploitation des clichés de la belle égyptienne ( qui est devenue blonde … ).

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