Il s’ agit d’un portrait par épisodes plutôt qu’un récit et le baron en est l’unique sujet ….
Le narrateur, dont on saura peu de choses, s’est entiché d’un peintre inconnu, mineur et oublié, Henri Mauquin d’Handrax. Il a bien l’intention de consacrer une publication à cet artiste et se rend dans le seul et unique musée qui lui soit dédié, dans sa bourgade natale, au fin fond de l’Allier. Le musée est désert, mais le gardien est bavard, le narrateur apprend donc que le petit neveu de Manquin, « monsieur le baron », qui vit pas loin dans son manoir, possède d’autres oeuvres de son ancêtre, et que le musée embauche un second gardien. Ce qui est surprenant vu la fréquentation …
Enchanté, le narrateur s’installe dans le bourg et rapidement fait la connaissance avec Archibald, baron d’Handrax. L’homme a l’allure replète d’un gentleman farmer à l’ancienne, un hobereau ancré dans des traditions surannées. Mais en réalité, l’homme est un original, un excentrique et le narrateur nous offre la liste de ses multiples facettes. Ses deux familles, pour commencer, une dans chaque aile du manoir, sa collection de maisons, ses activités de renifleur de cadavres … L’homme est riche et amateur de passés dans leurs jus. Ainsi, il achète des maisons, mais uniquement si elles n’ont jamais été modernisées, sans aucune retouche. Il en fait le tour régulièrement, se plongeant à chaque fois dans un bain des années soixante, ou soixante dix. Il aime aussi organiser des diners de têtes. Il invite des sosies de personnages célèbres, artistes, écrivains, vivants ou morts, et se délecte à voir Georges Sand descendre une coupe de champagne avec Churchill. Le baron s’offre une quatrième dimension, d’autant plus que ces sosies étant des gens tout à fait ordinaires, leurs conversations sont plates comme des trottoirs.
Le baron est farceur, joueur, il a le goût enfantin, aime discourir et l’art de la conversation se mêle à celle de la contradiction … Le narrateur nous décline ses manies, ses trouvailles amusantes pour occuper son temps, frôlant l’absurde ou l’incongru … D’abord, on sourit, on batifole, on peut gouter le possible romanesque de ses habitudes fantasques. Mais la liste devient catalogue, la figure centrale semble n’être qu’un prétexte, il ne prend pas corps, n’existant que par ses intermittences drolatiques.
Depuis Une collection particulière, véritable labyrinthe littéraire, érudit et jubilatoire, je reste souvent plus dubitative après la lecture d’un titre de cet auteur et ce baron a fait ce qu’il a pu pour me divertir, mais il est tombé à plat.
Je suis en train de me demander si je perds la boule : tu n’as pas publié un billet sur « De sang-froid », récemment ?
J’aimeJ’aime
Non, non, tu ne perds pas la boule ! Je t’ai bien dit en commentaire que j’étais plongée dans le Truman Capote … Mais je ne pas encore publié ma note ( enthousiaste), ce sera sans doute pour cette semaine.
J’aimeJ’aime
Ouf, me voilà rassurée !!
J’aimeJ’aime
dommage que ce livre tombe à plat car je trouve l’idée très drôle inviter des sosies dont les conversations sont creuses cela me fait peser au monde de Proust et au salon Verdurin
J’aimeJ’aime
Il y a beaucoup d’idées très drôles, le baron est très fantaisiste … Mais j’ai été lassée par l’aspect catalogue. Il n’y a pas d’exploitation de ces diners, par exemple, ils sont évoqués, mais pas mis en scène, ce qui aurait pu donner effectivement des moments à la Verdurin !
J’aimeJ’aime
Oh un livre original et amusant (en revanche les pensées du baron – autre fascicule- m’ont un poil lassée. Mais quelle imagination, ce Quiriny!
J’aimeJ’aime
Le fait est que le portrait fourmille d’idées originales, mais cela n’a pas suffit à vraiment me faire sourire jusqu’au bout … Je me passerai donc des pensées du baron !
J’aimeJ’aime