Captive, Margaret Atwood

A seize ans, Grace devient domestique dans la grande maison des Parkinson à Toronto. Ce sera la temps du bonheur, de la complicité avec son amie, Marie Whitney. Elles sont en bas de l’échelle. Mary s’en contente, elle vient de pire. Mary rêve de mieux ; une maison un mari, des enfants, des rideaux à soi. Mais finalement, c’est Mary qui se laissera prendre à de belles paroles et à une bague en toc. Fini les complicités et confidences, Grace va devoir s’embaucher ailleurs.

Avant d’être domestique au Canada, Grace était pauvre en Irlande. Sa mère s’était laissée prendre à la séduction d’un bel homme. Quelques accouchements plus tard, la famille s’enfonce dans la misère et émigre. Mais la misère les suit, et la violence paternelle ne laisse d’autres choix à l’aînée que de devenir bonne à tout faire pour sauver sa peau.

Après l’épisode Mary, Grace est victime de crises nerveuses, mais elle a compris la leçon, rester droite, intègre, loin des hommes et de leurs désirs. Elle poursuit sa route.

le docteur Jordan est un fils de bonne famille. Il avait choisi de faire des études de médecine pour contrarier son père qui le voulait directeur d’une de ses manufactures. Mais la fortune a tourné et le voilà à la recherche d’une voie de sortie. De ses voyages en Europe, il a acquis des connaissances et un intérêt pour la folie et les méthodes, encore balbutiantes mises en place pour la comprendre, à défaut de la traiter. Le jeune homme se donne pour but de faire ouvre utile en fonder une institution spécialisée. Mais se faire les armes, il demande à rencontrer Grace.

Car Grace est devenue un cas d’espèce, une des plus célèbres criminelles du Canada. Elle est enfermée depuis cinq ans dans le pénitencier de Kingston, condamnée à mort pour le meurtre de son maitre, Thomas Kinnear, et de sa gouvernante, Nancy Montgomery, avec la complicité d’un autre domestique, son amant présumé, James Mc Dermont. Lui a été pendue, alors qu’elle a été graciée à cause de son très jeune âge.

 

L’innocence ou la culpabilité de la jeune fille n’est pas ce qui motive Simon. il souhaite lever le voile de sa mémoire défaillance, délirante ou mensongère. Car Grace ne se dit pas innocente, mais elle a très peur de se savoir coupable. En de longs entretiens, elle tente de dévoiler dans le salon de couture de la maison du gouverneur, les étapes de sa courte vie, sur laquelle, jamais, elle n’a eu prise. Grace parle comme elle coud, en prisonnière modèle, à petits points serrés. Le jeune docteur écoute et note, lui même pris par les démons du désir. Alors que la rationnalité médicale perd des plumes, une certaine forme de vérité se fait jour …

L’histoire de Grace est ample, car elle ne peut se comprendre que prise dans la densité de l’écheveau social où elle a été possible : la condition de domestique et les violences intimes qu’elle engendrent, les rancoeurs qui couvent dans les âmes. Grace n’est pas une rebelle, elle garde son rang, sa place. Le public a vu en elle un monstre, un démon. Les autorités médicales ont livré des diagnotiques contradictoires, fondés davantage sur des principes moraux que sur des observations rationnelles. L’époque de Grace est ainsi, bridée par la religion et les conventions, les frustrations se font hystérie, les désirs des corps, ne pouvant être exprimés, poussent la porte des drames. Et les gestes cryptés, les intentions déviées font tourner les destins dans les recoins les plus malintentionnés, sans vraiment le vouloir.

Enfin, j’espère que cette auteure rentre bien dans la catégorie « auteurs presque québécois » ….

 

 

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19 commentaires sur “Captive, Margaret Atwood

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    1. L’histoire est passionnante et très documentée, pas moyen de faire autrement que de raconter, c’est un peu le problème de cette note. Je ne voulais pas faire trop long, et du coup mon avis est un peu dilué !je ne l’ai pas classé en coup de coeur, parce que je veux que cette catégorie reste « rare » pour être fiable. Mais je recommande ce titre, même si n’adores pas les romans historiques, je pense que celui-là pourrais te plaire, surtout parce que c’est l’histoire d’une injustice sociale.

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    1. Oui, j’ai hésité à te le proposer, et j’ai regardé sa bio. Il y est dit qu’elle avait passé une partie de son enfance au Québec et que politiquement, elle avait pris parti pour un parti québécois …. Bon, c’est un peu faiblard comme argumentation, je l’avoue, et je connais pas grand chose aux partis politiques québécois, mais c’est une grande auteure, alors merci de l’accepter, et promis, je ne recommencerais plus !

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    1. Le rythme est assez lent et il y a vraiment une densité dans l’écriture. Cette lecture a parfaitement trouvé sa place dans de longues plages de lecture paisibles … Dès fois, la pluie a du bon … Mon jardin est en vrac; par contre !

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    1. Il y a deux points communs entre La servante écarlate et Captive qui sont la voix d’une femme et la qualité de l’écriture … Même si les univers sont très différents et que La servante avait été une vraie claque, alors qu’ici, tu peux prendre ton temps, … D’ailleurs la narratrice le prend pour dérouler son histoire, que l’on s’en imprègne …

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  1. quand j’ai vu ta réponse à Karine, j’ai été vérifié et je ne savais pas qu’elle avait alternée entres différentes régions du Québec et Toronto. Ma recherche m’a permis de voir qu’également ce titre était adapté par Netflix (bon, je n’ai pas Netflix, mais ça va sortir ailleurs un jour ou l’autre!)
    Je me souviens que l’histoire était plutôt dense, mais on ne sait pas si tu as apprécié ou non cette histoire. C’est le cas?

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    1. Oui, visiblement après la succès de la série de La servante écarlate, Netflix exploite le filon ! Mais si ce sont des adaptations de qualité, on ne va pas s’en plaindre ! En plus, le succès de la première série permet de voir le livre dans toutes les librairies, et l’auteure ressortir des rayonnages. Alors, c’est plutôt bien ! Et oui, le titre m’a plu, même si La servante reste mon titre préféré pour le moment !

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    1. Oui, elle est canadienne, j’en ai bien conscience … Il me semblait avoir vu l’auteure dans un récapitulatif de Karine, alors, j’ai quand même proposé le titre … Et oui encore, il va falloir que tu t’y mettes, c’est vraiment une auteure à découvrir. Je me demande d’ailleurs si je ne vais pas la passer dans les « chouchous » du blog. En bonne compagnie avec Daphné du Maurier et Jane Austen.

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  2. J’avais bien aimé La servante écarlate lu il y a des années. Je me replongerais bien dans l’univers de cette auteure. Peut-être avec ce livre qui pourrait bien me plaire.

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    1. Cette fois ci, c’est un roman historique comme tu l’auras vu, pas une uchronie qui est plutôt la spécialité de l’auteure, si j’ai bien compris. Ce pourquoi je l’avais laissée un peu de côté car c’est un genre qui ne me convient qu’à petites doses.

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    1. J’ai pris ce titre dans une librairie qui consacrait toute une table à l’auteure. J’ai beaucoup hésité avant de choisir celui-ci, beaucoup me tentaient moi aussi. Et maintenant, je me dis que j’aurais dû en prendre deux. Il fait aujourd’hui chez moi un temps à lire une uchronie sous la couette !

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